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Coronavirus: à quoi va servir le dépistage massif annoncé en Île-de-France?

Une biologiste effectue un prélèvement pour un test du coronavirus dans un drive à Neuilly-sur-Seine, le 22 avil 2020 près de Paris

Une biologiste effectue un prélèvement pour un test du coronavirus dans un drive à Neuilly-sur-Seine, le 22 avil 2020 près de Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP

Avec une campagne de tests "de très grande ampleur", selon le ministre de la Santé Olivier Véran, le gouvernement souhaite identifier les personnes asymptomatiques afin d'éviter la formation éventuelle de nouveaux clusters.

1,3 million de tests: c'est la promesse annoncée par Olivier Véran jeudi, dans une interview au Monde, pour trente communes d'Île-de-France. L'idée est de distribuer aux habitants des bons de l'Assurance maladie pour réaliser un test virologique dans n'importe quel laboratoire public ou privé, même s'ils n'ont pas de symptômes.

Il s'agit d'une "reprise de ce qui existe déjà en grande partie: on cherche les patients asymptomatiques, soit 40% à 60% des formes possibles de coronavirus", souligne Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV. "On est enfin arrivés au stade où l'on doit faire les tests".

Ces tests sont à destination "des zones où il y a moins de densité médicale, où le niveau social est plus bas et où l'accès aux tests est plus compliqué", poursuit-il.

"Stade de l'expérimentation"

Cette "campagne de très grande ampleur qui s'adresse à tous les habitants" va cibler "des territoires à proximité de clusters identifiés où [...] il y a du réservoir viral, avec des personnes asymptomatiques, qui peuvent transmettre le virus sans le savoir", a expliqué Olivier Véran jeudi.

"On est pour l'instant au stade de l'expérimentation pour regarder si cela correspond à un souhait des Français. Cette expérimentation pourra ensuite être étendue à d'autres régions", a ajouté le ministre. Aujourd'hui, quatre régions (Ile de France, Grand-Est, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Hauts-de-France) regroupent 74% des patients hospitalisés en réanimation en raison du Covid-19.

Yves Buisson, épidémiologiste et président du groupe Covid-19 de l'Académie nationale de médecine, considère également que ces tests sont importants car même si l'épidemie est sur sa fin, "le virus continue de circuler sur le territoire".

"Il est intelligent de rechercher les zones de circulation pour les contrôler. Le dépistage des clusters fonctionne très bien. Mais vu le nombre de sujets asymptomatiques, il y a une circulation qui se fait à bas bruit mais qui continue sur le territoire et menace la population de voir réapparaître des foyers épidémiques", explique-t-il.

Il est désormais nécessaire de "faire de la prévention", résume Yves Buisson. "Il faut chercher où sont les zones de transmission, qui sont inégales: les centres des établissements de santé, ceux qui hébergent les personnes en situation de grande précarité, les grandes entreprises, les abattoirs...", ajoute-t-il. Pour Alain Ducardonnet, cela permettra d'établir "une carte épidémiologique du virus" et de se préparer à "une éventuelle deuxième vague".

Clément Boutin avec AFP