BFMTV

Votes à l'Assemblée nationale: LaREM est-il vraiment le groupe le plus uni ?

Les députés LaREM sont souvent attaqués sur leur tendance à s'exprimer à l'unisson. Pourtant, certains "frondeurs" se démarquent par des votes dissidents à l'Assemblée nationale. Parmi eux, Sonia Krimi, qui s'impose comme la députée la moins en accord avec les votes des membres de son groupe parlementaire.

Le ton avait été donné par le futur chef de l’Etat - à l'époque - lors de sa campagne présidentielle: pas de voix divergentes dans son camp. Le 19 janvier 2017, pendant une conférence de presse, Emmanuel Macron avait expliqué qu'"aucun candidat investi ne pourra[it] exprimer de désaccord avec le cœur de notre projet". Il avait ensuite renchéri sur France Inter:

"Chaque candidat qui sera investi signera avec moi le contrat avec la nation. C’est-à-dire qu’il s’engagera à voter à mes côtés les grands projets. Il n’y aura pas de frondeurs […]. Il n’y aura pas d’opportunisme." 

L'élue la plus frondeuse est à LaREM

Un message entendu et accepté par les députés LaREM: "Le vote contre est un pêché mortel", avait concédé l’ancien président du groupe, Richard Ferrand. "Nous appliquons le programme présidentiel, c’est pour cela que nous avons été élus", explique au Figaro Alexandra Valetta-Ardisson. 

Longtemps accusés de n’être que des "godillots", les députés LaREM ont pourtant su exprimer leurs divergences, avec seulement 84% de "suiveurs" dans leur camp parlementaire. Selon une étude du Figaro, réalisée entre le 18 juin 2017 (date de l'élection des 577 députés) et le 12 décembre 2018, sept "dissidents" ont voté moins de 85% des fois comme la ligne majoritaire. Parmi eux se trouve la plus frondeuse des députés, tous bords confondus, Sonia Krimi. L’élue de la Manche n’a été d’accord avec les votes de ses collègues que 62% du temps. 

Un député LR sur deux exprime des votes contraires

"Nous ne sommes pas des machines à voter", précise au quotidien Jean-Christophe Lagarde, président du groupe UDI-Agir.

Le groupe politique constitué de 28 membres ose les désaccords. Jean-Luc Warsmann, député des Ardennes, est le deuxième frondeur le plus affirmé, tous bords confondus, avec seulement 77% de ses votes en accord avec ceux de ses collègues.

L’écart se creuse encore chez Les Républicains, premier groupe d’opposition, avec seulement 55% de "suiveurs". Plus nombreux que dans les autres groupes de l’Assemblée, des élus se distinguent ponctuellement par leurs voix dissidentes. 45% des députés LR ont exprimé 5 à 15% de votes différents de ceux de la plupart de leurs collègues depuis le mois de juin 2017. La fronde reste cependant relative. Olivier Marleix, élu d’Eure-et-Loire, est le député qui s’est le plus désolidarisé de son camp. Reste que 87,69% de ses votes ont été similaires à ceux des autres membres de son groupe.

Voter d'une seule voix

Chez les socialistes et le MoDem, la tendance est à la cohésion. La présidente du PS, Valérie Rabault, s’évertue à unir ses troupes et parvient à obtenir un groupe constitué à 97% par des "suiveurs". Du côté du MoDem, Sylvain Wasermann, député du Bas-Rhin, se démarque avec 98,88% de ses votes en accord avec ceux de ses collègues.

La Constitution consacre le caractère personnel du vote des parlementaires et leur capacité à exprimer un désaccord avec leur groupe par un vote contraire. Mais certains font le choix de voter d’une seule voix, comme les 17 députés de la France insoumise et les sept élus du Rassemblement national. Une unanimité d’autant plus facile à obtenir que ces deux groupes détiennent peu de sièges à l’Assemblée. La France insoumise fait la démonstration de son union avec 100% de "suiveurs". Seule Clémentine Autain semble s’être écartée du chemin avec toutefois 99,48% de votes correspondant à ceux du reste de son groupe.

Ambre Lepoivre