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Voile à la fac : Fioraso refuse la polémique

« Ne nous précipitons pas, ne faisons pas une polémique d'un sujet qui n'en est pas un », a réagi Geneviève Fioraso.

« Ne nous précipitons pas, ne faisons pas une polémique d'un sujet qui n'en est pas un », a réagi Geneviève Fioraso. - -

La ministre de l'Enseignement supérieur a estimé ce vendredi qu'il n'y avait pas de problème relatif au port du voile à l'université, appelant à ne pas polémiquer sur le sujet.

Geneviève Fioraso a indiqué ce vendredi se refuser à toute polémique concernant le port du voile à l'université.
Alors que Manuel Valls a déclaré dans le Figaro de vendredi que l'ensemble des propositions du Haut conseil à l'intégration (HCI), révélées en début de semaine par Le Monde et parmi lesquelles figure l'interdiction du voile dans l'enseignement supérieur, sont « dignes d'intérêt », la ministre del'Enseignement supérieur a fait entendre un autre son de cloche : « Ne nous précipitons pas, ne faisons pas une polémique d'un sujet qui n'en est pas un », a réagi Geneviève Fioraso sur France Inter, estimant que le ministre de l'Intérieur s'était exprimé sur l'ensemble des 12 propositions du HCI, pas seulement celle concernant l'université. « Aucune université (...) n'a saisi le ministère à ce sujet (...) s'il n'y a pas de problème, ce n'est pas la peine d'en susciter », a ajouté la ministre. Qualifiant les études supérieures de « facteur d'émancipation » et l'université de « lieu de toutes les cultures », Geneviève Fioraso a par ailleurs dit souhaiter que davantage de jeunes, et notamment de jeunes femmes voilées, aillent à la faculté.

8 Français sur 10 opposés au port du voile à la fac

Le rapport du HCI qui suggère, entre autres propositions, l'interdiction du voile islamique à l'université, a été transmis en mai à l'Observatoire de la laïcité, qui a repris les prérogatives du HCI en la matière. Mais il n'engage que le HCI, a indiqué le rapporteur général de l'Observatoire, soulignant que l'université ne faisait pas à ce stade partie de son plan d'action. Nombre d'élus de gauche se sont déclarés hostiles au principe d'une nouvelle loi proscrivant le voile ou le foulard islamique dans l'enseignement supérieur. Mais le ministre de l'Intérieur, qui semble avoir le soutien de l'opinion, n'a pas écarté cette possibilité. Près de huit Français sur dix (78%) se disent opposés au port du voile dans les salles de cours des universités, selon un sondage Ifop publié par Le Figaro.

Clarifier les lignes entre public et privé

La France a banni en 2004 les « signes religieux ostentatoires » de toutes les écoles publiques. Une autre loi entrée en vigueur en avril 2011 interdit le port dans l'espace public du voile intégral, sous peine d'une amende de 150 euros. Fin mars, le débat sur les contours de la laïcité a été relancé par une décision de la Cour de cassation qui a donné raison à une salariée d'une crèche privée qui contestait son licenciement pour port du voile islamique. François Hollande a chargé l'Observatoire de la laïcité de lui transmettre des propositions pour répondre à cette décision de justice et clarifier les lignes de séparation entre secteur public et privé.

La rédaction et avec Reuters