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Valls "soulagé" après la défaite de l'extrême droite en Autriche

Alexander Van der Bellen, le 22 mai 2016 à Vienne.

Alexander Van der Bellen, le 22 mai 2016 à Vienne. - Roland Schlager - APA - AFP

Les politiques français ont été nombreux à réagir à la victoire sur le fil, ce lundi, de l'écologiste Alexander Van der Bellen face au candidat du FPÖ Norbert Hofer à la présidentielle autrichienne. Si nombre de partis ont fait part de leur soulagement après la défaite de l'extrême droite, le FN se réjouit de ce score très élevé, annonciateur de "succès futurs pour les mouvements patriotes".

Pluie de réactions politiques, en France, après l'annonce de la victoire de l'écologiste Alexander Van der Bellen à l'élection présidentielle autrichienne ce lundi, à l'issue d'un second tour très serré face au candidat d'extrême droite Norbert Hofer.

Fidèle à son "combat" contre l'extrême droite, le Premier ministre Manuel Valls a exprimé lundi son "soulagement de voir les Autrichiens rejeter le populisme et l'extrémisme". "Chacun doit en tirer des leçons en Europe", a-t-il lancé dans un message posté sur Twitter.

François Hollande a lui "chaleureusement" félicité le nouveau chef d'Etat écologiste. "Le président de la République félicite chaleureusement M. Van der Bellen pour son élection à la présidence de la République fédérale d'Autriche et se réjouit de coopérer avec lui", indique la présidence française dans un communiqué.

Les écologistes "peuvent être un rempart"

Les écologistes, plus que jamais divisés en France après la disparition la semaine dernière de leur groupe à l'Assemblée nationale, se sont eux aussi réjouis de cette victoire. Sur BFMTV, la députée de Paris Cécile Duflot, qui a rappelé qu'aucune des grandes familles politiques n'avait officiellement soutenu Alexander Van der Bellen et qu'une défaite avait été annoncée par les sondages, a estimé qu'il s'agissait d'"une très bonne nouvelle" et d'"un soulagement", qui "montre que l'écologie porte un visage et un projet d'avenir".

Le député écologiste Noël Mamère a jugé sur BFMTV que le résultat de l'élection était "surtout un enseignement pour les écologistes" partout en Europe. "Quand ils sont pris au sérieux et qu'ils mènent des actions lisibles, alors ils peuvent être un rempart contre l'extrême droite", a déclaré l'élu de Gironde.

Le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, qui a, par deux fois perdu des combats électoraux face à la présidente du Front national Marine Le Pen, lors de la dernière élection présidentielle et des législatives qui avaient suivi, a lui aussi fait part de son soulagement. "Ouf ! L'écologiste est élu et le facho battu en Autriche. À noter: le PS n'avait pas appelé à voter Vert...", a-t-il réagi sur Twitter.

"Sursaut populaire"

A droite, le maire Les Républicains de Nice et président de la région Paca, Christian Estrosi, a salué "la victoire des démocrates autrichiens" et le "sursaut populaire" en faveur d'Alexander Van der Bellen. "L'extrême droite doit être combattue partout", a intimé celui qui avait profité, lors des dernières élections régionales, du retrait de la gauche dans la triangulaire face à la députée frontiste Marion Maréchal-Le Pen.

Annonciateur de "succès pour les mouvements patriotes"

Réaction inverse du côté de l'extrême droite française, le FN adressant à Norbert Hofer, le candidat du FPÖ défait, ses félicitations pour son "très beau résultat". Le parti de Marine Le Pen a ainsi salué dans un communiqué une "performance historique" du candidat d'extrême droite, qui a manqué la victoire "à quelques milliers de voix près".

Cela "annonce des succès futurs pour l'ensemble des mouvements patriotes, aussi bien en Autriche qu'ailleurs dans le monde", a ajouté le FN, alors que la formation entend remporter l'élection présidentielle française en 2017 et que Marine Le Pen est donnée présente au second tour par tous les sondages.

Saluant "un très beau score de défaite", le vice-président du FN Florian Philippot s'est encore réjoui, sur BFMTV, du chemin "absolument immense" parcouru par l'extrême droite.

Après le décompte lundi des votes par correspondance, Alexander Van der Bellen, un ancien professeur d'université âgé de 72 ans a remporté 50,3% des suffrages, totalisant 31.026 voix d'avance sur son concurrent du FPÖ. Une victoire de Norbert Hofer aurait constitué la première élection à la tête d'un État de l'Union européenne d'un représentant d'un parti d'extrême droite.

V.R.