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Une candidate RN parle d'un "attentat" pouvant aider Le Pen en 2022, la commission de discipline saisie

Des militants arrivent au Palais des congrès de Perpignan où se tient le 17e Congrès du Rassemblement national

Des militants arrivent au Palais des congrès de Perpignan où se tient le 17e Congrès du Rassemblement national - VALENTINE CHAPUIS © 2019 AFP

Dans un reportage consacré au congrès du RN par Le Parisien et publié dans son édition de dimanche, une ancienne candidate aux départementales en Haute-Garonne avait osé souhaiter des "attentats d'ici la présidentielle" pour relancer le parti électoralement. Selon un responsable local, la commission de discipline s'est emparée de son cas.

"Il faut vivre au jour le jour. D’ici la présidentielle, il y aura bien des attentats!" Le voeu indécent d'une candidate du Rassemblement national aux dernières départementales, en Haute-Garonne, samedi lors du congrès du parti à Perpignan, trouble ses instances. Au point que l'un de ses cadres assure que la commission de discipline examine le dossier.

"Ce sera aux membres de la commission d'en tirer les conséquences"

C'est dans un reportage consacré à la première journée du congrès du Rassemblement national et paru dans l'édition du Parisien de dimanche que ces propos ont filtré. Ils émanent de Brigitte Gazel, dernièrement défaite avec son colistier Yoann Escabasse au deuxième tour des départementales avec 26,96% des suffrages exprimés dans le canton de Portet-sur-Garonne.

Pour moins heurtante qu'elle soit, la première analyse livrée par celle qui déplorait l'échec du RN lors de ce scrutin et de celui des régionales n'était pas glorieuse non plus: "On n’a pas été élu parce que les Français sont cons!"

Si ce jugement un brin simpliste ne tombe sans doute sous le coup d'aucun réglement, il n'en va pas de même pour la manière dont Brigitte Gazel a semblé faire d'attentats éventuels une variable bienvenue pour relancer sa famille politique dans les urnes. Interrogé ici par le Huffington Post, Julien Leonardelli, délégué départemental du RN en Haute-Garonne, a ainsi affirmé: "Ce que je peux dire, c’est que la commission de discipline a été saisie, et que ce sera à ses membres, comme d’habitude, d’en tirer toutes les conséquences".

Il a indiqué que cette décision interviendrait "très rapidement", sitôt que ladite commission de discipline aura été renouvelée, dans la foulée des recompositions arrêtées lors du congrès.

Pour Mélenchon, c'est "le pompon"

On se souvient que le 6 juin dernier, Jean-Luc Mélenchon avait mis les pieds dans une vaste polémique pour avoir émis l'hypothèse d'une instrumentalisation d'un attentat.

"Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ç'a été Merah en 2012, l'attentat à la dernière semaine sur les Champs-Elysées. Avant, on avait eu 'Papy Voise', dont plus personne n'en a jamais entendu parler après. Tout ça, c'est écrit d'avance!", avait-il lancé sur France Inter.

L'insoumis a d'ailleurs réagi sur Twitter lundi, après avoir pris connaissance des outrances de la militante du Rassemblement national.

"Maintenant le pompon! Une RN avoue exactement ce pourquoi j'ai été accusé de complotisme: l’instrumentalisation des attentats par l’extrême droite. Alors, les excuses des accusateurs c'est quand?", a-t-il écrit.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV