BFMTV

SONDAGE BFMTV - Seulement 38% des Français déterminés à se faire vacciner

Image d'illustration de la vaccination

Image d'illustration de la vaccination - JOEL SAGET / AFP

Nous publions ce mercredi après-midi le nouveau sondage "L'opinion en direct" piloté par l'institut Elabe pour BFMTV. Il dévoile une opinion publique majoritairement défiante à l'égard du vaccin, et très critique devant la manière dont l'exécutif conduit la politique de vaccination.

C'est peu dire que la vaccination contre le Covid-19 n'inspire pas confiance aux Français et que son rythme jusqu'ici leur déplaît. Et il n'y a pas que cela: ceux-ci estiment de surcroît que la campagne a été mal orchestrée, mal présentée, et mal calibrée. On tient là les principaux enseignements de notre nouveau sondage "L'opinion en direct" conduit par l'institut Elabe pour BFMTV, que nous publions ce mercredi après-midi.

Vaccin: de plus en plus d'indécis

Seuls 38% des Français - un chiffre stable depuis la précédente mesure le 16 décembre - ont l'intention de se faire vacciner. 45% des Français, à l'inverse, s'y refusent, une statistique en baisse cependant de quatre points. 17% des gens ne savent pas encore quelle décision prendre, en progression de quatre points, vraisemblablement en provenance des rangs des citoyens jusque-là rétifs.

Sociologiquement, on voit que le refus est majoritaire chez les jeunes, qu'ils aient entre 25 et 34 ans (63%, en chute de trois points) ou entre 18 et 24 ans (56%, en hausse de quatre points). Si 50% des 35-39 ans pensent également éviter la piqûre, le refus est rare chez les plus âgés, ici les 65 ans et plus: seulement 23% (un decrescendo de six points) veulent tourner le dos au vaccin.

Une tendance "antivaccin" toujours forte mais diminuée

Le refus est surtout l'affaire des classes populaires, où il atteint 55%, et des professions intermédiaires, où il est jaugé à 53%. Mais dans les unes comme dans les autres, il perd de sa superbe: le refus s'est amaigri de sept points parmi les catégories modestes, et de quatre points au sein des professions intermédiaires. Politiquement, il est majoritaire dans l'électorat de Marine Le Pen, avec 58%, mais là aussi marque sévèrement le pas (-10 points). Même constat parmi les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon: 48% de refus certes, mais ce total est plus faible de 11 points par rapport à ce qu'il était à la mi-décembre. Le taux des refus est minoritaire parmi les soutiens d'Emmanuel Macron et de François Fillon, à 30%.

Parmi les Français désireux de se faire vacciner, ils sont 56% à l'espérer le plus rapidement possible et 44% à préférer attendre encore quelques semaines.

Une campagne "trop lente" pour 66% des Français

Elabe a aussi sondé la perception des Français quant à la campagne de vaccination: et elle est très désapprobatrice. 66% des Français jugent ainsi le rythme de la vaccination trop lent, tandis qu'ils sont 22% à penser que la cadence est la bonne et 12% à la penser trop rapide. Ce sentiment d'impatience devant la lenteur du processus est majoritaire dans toutes les couches de la population. Il faut noter qu'il atteint ses sommets parmi les segments de l'électorat habituellement les plus favorables à Emmanuel Macron. 77% de ses électeurs lors du premier tour de la dernière présidentielle fustigent ainsi une campagne traînant trop, et un même pourcentage fait entendre un son identique parmi les personnes âgées de 65 ans.

La suite de l'étude n'adoucit pas la sentence concernant l'exécutif. Pour 76% des sondés, la communication autour du vaccin a été "mal gérée" (dont 40% "très mal géré"). L'organisation de la campagne elle-même a été "mal gérée" pour 75% des gens. Le nombre de doses disponibles? "Mal géré", selon 70% du panel. Là encore, toutes les strates de la société s'unissent pour déplorer ces mauvaises gestions et les personnes ayant voté pour Emmanuel Macron ne sont pas en reste: 61% d'entre elles critiquent la communication, 67% dénoncent l'organisation retenue, et 55% sont mécontentes du nombre des doses.

Les mesures de confinement et de couvre-feu prises pour entraver la marche en avant du virus sont aussi tenues pour "mal gérées" par 65% des Français dont 32% évoquent des dispositifs "très mal gérés". On découvre les plus critiques chez les 25-34 ans, où 71% des sondés blâment la gestion.

La confiance ne règne pas vraiment

Autant dire que les Français ne font pas "confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement de Jean Castex pour lutter efficacement contre le virus", pour reprendre les termes de l'institut de sondage. 65% d'entre eux, après un gain de trois points, disent ne pas avoir confiance, contre 34% de confiants (-4 points). La baisse de ce crédit est très sensible chez les retraités qui ne sont plus confiants qu'à 32%, en recul de huit points. On ne compte également que 28% de confiance chez les ouvriers, à l'issue d'un repli cette fois de trois points.

Toutefois, les Français accordent leur satisfecit à la manière dont l'exécutif a soutenu l'activité économique afin qu'elle ne pâtisse pas trop de la diffusion du Covid-19. Ainsi, 51% des sondés assurent que ces aides ont été bien gérés contre 49% affirmant le contraire. Mais ces positions sont particulièrement contrastées selon les situations sociales: 65% des cadres parlent d'une bonne gestion tandis qu'ils ne sont que 42% chez les employés et 34% chez les ouvriers à en dire autant.

Sondage réalisé sur un échantillon de 1002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. Interrogation par Internet les 5 et 6 janvier 2021.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV