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Ségolène Royal: "je suis capable de faire plus!"

Ségolène Royal et Nicolas Hulot le 1er décembre 2015 lors de la COP21.

Ségolène Royal et Nicolas Hulot le 1er décembre 2015 lors de la COP21. - Eric Feferberg - AFP

L'ambassadrice chargée des pôles agace le gouvernement, et notamment Nicolas Hulot, en commentant - et critiquant - l'action du gouvernement en matière d'écologie. L'ancienne ministre et l'actuel doivent se rencontrer au mois de janvier.

Interdiction du glyphosate, abandon de la réduction de la part du nucléaire d'ici 2025... Ségolène Royal a un avis sur l'action du gouvernement en matière d'écologie et ne s'en cache pas. Mais les commentaires de la désormais ambassadrice en charge des pôles hérissent les membres de l'exécutif, à commencer par le principal visé, Nicolas Hulot. Au point qu'un rendez-vous entre les deux a été annulé il y a peu. Un autre doit être programmé d'ici fin janvier, croit savoir Le Parisien.

Les relations entre Ségolène Royal et Nicolas Hulot étaient déjà tendues quand la première occupait le poste de ministre de l'Ecologie. "C'étaient les caprices de Monsieur Hulot, on préférait gérer Borloo", se rappelle un ancien conseiller. Alors remplacée à ce poste par l'ex-envoyé spécial pour la protection de la planète, celle qui a été nommée ambassadrice des pôles a peu de mots tendres, en public, pour son successeur.

Hulot en a "marre"

Le 7 novembre dernier, Ségolène Royal appelait Nicolas Hulot à rester "ferme malgré les pressions" lors d'un vote des Etats membres de l'Union européenne sur une nouvelle proposition de renouvellement d'autorisation pour une durée de cinq ans du glyphosate - utilisé dans la fabrication du Roundup. Le ministre de la Transition écologique lui assénait ne pas avoir besoin de ses conseils. Dans le même temps, il s'en prenait à l'objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d'électricité d'ici 2025. "Beaucoup savaient que cet objectif n'était pas atteignable", lançait-il alors que la loi à l'époque était portée par Ségolène Royal.

"Il (Nicolas Hulot, NDLR) en a marre", confie un membre du gouvernement sur les commentaires de Ségolène Royal, alors que l'intéressé est sous le feu des polémiques après la révélation sur ses six voitures ou encore ses critiques sur les Etats généraux de l'alimentation estimant que "le compte n'y est pas". Un autre rappelle à l'ambassadrice son devoir de silence. Quand un troisième rappelle, dans une menace à peine voilée, que l'exécutif "peut la démissionner". 

"Jalousie"

"Ils ne m'enlèveront pas ma bonne humeur", rétorque l'intéressée dans les colonnes du Parisien, qualifiant cet avertissement de "jalousie". Car si l'ambassadrice en charges des pôles sait s'en prendre au ministre de la Transition écologique, elle épargne le chef de l'Etat. Un président qui lui a proposé son nouveau poste. "J'ai un point commun avec Macron, celui des gens qui bossent, qui maîtrisent leurs sujets et ne font pas d'embrouilles", tacle-t-elle.

Car son avenir, Ségolène Royal ne l'imagine pas en dehors de la lutte pour le climat: "Je suis capable de faire plus!"

J.C.