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Sébastien Lecornu, le nouveau favori de la "Macronie"

Sébastien Lecornu dans le Lot.

Sébastien Lecornu dans le Lot. - Ludovic MARIN / POOL / AFP

Certes, Sébastien Lecornu est le ministre chargé des Collectivités territoriales mais c'est davantage son passé d'élu local qui fait de lui un rouage essentiel du pouvoir. Il est en effet présent à chaque réunion d'Emmanuel Macron avec les maires. Celui qui était d'abord l'homme d'Edouard Philippe et Bruno Le Maire est désormais l'homme de confiance d'Emmanuel Macron.

Il a fallu qu'Emmanuel Macron se voit reprocher sa distance, le manque de liant avec les territoires pour que Sébastien Lecornu soit propulsé sur l'avant-scène de l'exécutif. Aujourd'hui, le ministre chargé des Collectivités territoriales fait fructifier son passé, pourtant bref, d'élu local et apparaît comme le rouage essentiel d'une "Macronie" à la recherche de proximité avec les mairies et les départements.

Un rappel au règlement au coin des lèvres, une boutade à l'autre, c'est lui qui aujourd'hui distribue micros et interventions, comme d'autres passent les plats, lors des rencontres d'Emmanuel Macron avec les maires. Après les rencontres de Grand Bourgtheroulde et Souillac la semaine dernière, il renouvellera l'exercice ce jeudi. C'est le signe qu'il donne pleinement satisfaction dans ce rôle à son patron, Emmanuel Macron, et que celui-ci lui accorde désormais une grande confiance. 

L'homme des territoires 

L'Opinion a livré ce lundi les détails de la matrice de cette relation à présent étroite entre le président de la République et celui qui est entré au départ au gouvernement en tant que secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot, comme l'homme de Bruno Le Maire et d'Edouard Philippe. Si, d'après le journal, Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron sont restés de quasi inconnus l'un pour l'autre pendant les trois mois qui ont suivi son arrivée au gouvernement au début de l'été 2017, jusqu'au déplacement présidentiel en Guyane, c'est cet automne que les deux personnages sont devenus inséparables.

Après le remaniement d'octobre, qui l'a vu prendre du galon en passant aux collectivités territoriales, il s'est mis à enchaîner les rencontres avec les élus afin de renouer le lien entre le sommet de l'Etat et ses premiers échelons. En décembre dernier, il a aussi dû défendre une proposition de loi relative à l'organisation des communes nouvelles au Sénat. 

Entre temps, Sébastien Lecornu a décroché ce qui semble être son véritable emploi au sein du gouvernement: maître de cérémonie. Les 29 et 30 octobre derniers, à l'Elysée, c'est lui qui a animé les déjeuners du président de la République avec les maires des Hauts-de-France et du Grand Est pour préparer "l'itinérance mémorielle" du chef de l'Etat le long des lignes du front de 1914-1918. Répartissant déjà la parole, il s'est inconsciemment entraîné aux rendez-vous actuels qui visent à calmer le jeu en pleine crise des gilets jaunes. 

Débrief 

Il est d'ailleurs celui qui a soufflé, à l'origine, cette idée d'organiser des rencontres avec les maires pour lancer le débat national, imaginant même la configuration de la chose et proposant de procéder au crash-test sur ses terres de l'Eure. Cette contrée normande a connu le commencement du parcours politique de Sébastien Lecornu, élu maire de Vernon en 2014, avant d'y être le plus jeune président du Conseil départemental en 2015, comme le rappelait ici Ouest France. Le quotidien ajoutait qu'il avait également été plus tôt le plus jeune assistant parlementaire à l'Assemblée nationale ou encore le plus jeune conseiller ministériel en son temps, sous la férule de Bruno Le Maire. En 2017, à l'orée de la nouvelle mandature, il était aussi le plus jeune membre du gouvernement, à 31 ans. 

A l'évidence, Emmanuel Macron, qui se plaignait début décembre devant des élus de ne "pas être aidé", lui prête une certaine expertise de terrain. La veille de sa sortie à Grand Bourgtheroulde, il l'a appelé pour une dernière mise au point, puis le lendemain, au sortir de l'échange, les deux hommes ont débriefé l'événement dans la voiture présidentielle, a signalé à nouveau L'Opinion

Le colonel et Alexandre Benalla 

La biographie de ce fils d'un technicien de la société Snecma et d'une secrétaire, qui a affirmé son amour de "l'ordre", recèle une autre curiosité. Il est colonel dans la réserve opérationnelle au titre des spécialistes dans la gendarmerie. L'Essor, le journal des gendarmes, a retracé son parcours dans cette arme: sous-lieutenant en juillet 2011, il a été promu automatiquement lieutenant en décembre 2012 avant d'atteindre son grade actuel. Ces responsabilités lui ont permis de commander un peloton de réserve dans l'Eure... et d'avoir sous ses ordres Alexandre Benalla "une dizaine de fois", selon sa propre estimation dans Le Monde en juillet dernier, entre 2012 et 2013. Une autre passerelle inattendue entre lui et Emmanuel Macron. 

Robin Verner