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Retour symbolique à Whirlpool pour Macron, accusé d'être le nouveau président des riches

Six mois après sa visite de l'entre-deux tours à l'usine Whirlpool, qui a depuis retrouvé un repreneur, le président de la République entame une série de déplacements symboliques.

Cette fois il n'a pas été chahuté, mais il n'a pas non plus été vraiment accueilli par les salariés. Accusé depuis la présentation du projet de loi de finance de 2018 d'être le nouveau président des riches après Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron tente de se racheter une image sociale. En déplacement à Amiens, sur ses terres, il s'est rendu ce mardi matin à l'usine Whirlpool, six mois après une première visite en avril dernier, en plein entre-deux tours. Il avait d'ailleurs promis de revenir, c'est chose faite. Depuis cette date, l'usine a retrouvé un repreneur. Pour l'occasion, le porte-parole du président a d'ailleurs publié son premier tweet depuis qu'il a pris ses fonctions.

"Promesse de revenir tenue. Dialogue et échanges francs menés dans une ambiance sereine et respectueuse", a écrit Bruno Roger-Petit. 

Pas d'accueil des salariés

En avril, le déplacement n'avait pas été de tout repos. Alors qu'il rencontrait les syndicats dans une salle de réunion de l'usine, il s'était fait couper l'herbe sous le pied par Marine Le Pen, arrivée en fanfare et accueillie chaleureusement par les grévistes sur le parking. Emmanuel Macron l'avait alors imitée, dans ce qui avait été qualifié à l'époque de coup de poker plutôt réussi. Il était resté sur place plusieurs heures et malgré le chahut ambiant et les nombreuses interpellations, cette étape avait marqué la campagne. 

Ce mardi, l'ambiance était en effet plus calme, mais le contexte complètement différent. Alors que l'usine était menacé de fermeture, la société du Picard Nicolas Decayeux a déposé une offre de reprise qui devrait créer 277 emplois sur ce site qui employait 300 personnes. A son arrivée, Emmanuel Macron n'a pas été accueilli par les salariés, et sa visite s'est effectuée en compagnie du repreneur notamment, dans une unanimité de façade et une ambiance cordiale. Si les salariés se trouvaient en dehors du champ des caméras, c'est parce que certains d'entre eux avaient décidé de boycotter la visite présidentielle. Soit en posant leur journée, soit en restant à leur poste de travail sans aller à la rencontre du chef de l'Etat. 

Face-à-face avec Ruffin sur les intérimaires

La seule aspérité dans cette image plutôt lisse a été le face-à-face avec François Ruffin. Une séquence aux airs de déjà-vu puisque le député de la Somme avait déjà confronté le président en avril alors que tous deux étaient candidats. Le député de la France insoumise l'a interpellé sur le sort des intérimaires de l'usine Whirlpool, qui selon lui ne sont pas pris en compte dans le plan de reprise. 

"Ce sont les plus jeunes qui étaient ici qui se retrouvent à poil à la sortie", a-t-il regretté. "Moi, je n'ai pas envie de faire capoter le plan social et le projet actuel", lui a répondu le président de la République, se disant "très sensible au sujet des intérimaires". 

Pédagogie de la réforme du code du travail

A l'issue de sa visite, Emmanuel Macron a salué la "réussite" que constituait la reprise du site, tout en évoquant à nouveau la situation des intérimaires. "J'ai souhaité avoir la liste complète des intérimaires" a-t-il précisé, disant vouloir assurer leur accompagnement. "La bonne réponse ce n'est pas d'interdire par la loi l'intérim, mais de donner plus de souplesse par le dialogue social, dans l'entreprises et dans la branche", a-t-il ajouté. Une référence à la réforme du code du travail, puisqu'il a profité de ce déplacement pour en faire la pédagogie. 

Le chef de l'Etat est ensuite attendu à Boves, près d'Amiens, pour inaugurer un nouveau site d'Amazon jusqu'en milieu d'après-midi. Mercredi, il se rendra en Corrèze, à Egletons, sur le nouveau campus de l'Ecole d'application aux métiers des travaux publics pour parler formation et apprentissage. Un déplacement qui intervient alors que la CGT de l'équipementier creusois GM&S, en liquidation, a appelé à une mobilisation locale.

Charlie Vandekerkhove avec Mathieu Coache