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Yachts, lingots d'or, voitures de course: la réforme de l'ISF ne passe pas à gauche

Olivier Faure à l'Assemblée nationale le 4 juillet 2017.

Olivier Faure à l'Assemblée nationale le 4 juillet 2017. - Christophe Archambault - AFP

Transformé en impôt sur la fortune immobilière, l'ISF ne comptabilisera plus des biens comme les yachts, les lingots d'or ou les chevaux de course. Une décision qui provoque la colère de la gauche.

Le symbole est fort. Le projet de budget 2018 prévoit la transformation de l'impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière. En seront donc exclus les biens symbolisant la "richesse extérieure" comme les yachts, les lingots d'or ou les chevaux de course, mais pas les biens immobiliers. Une décision risquée pour le gouvernement. Et fortement critiquée à gauche.

Dès mercredi, Valérie Rabault, députée PS de Tarn-et-Garonne, a fait part de son indignation: "incompréhensible: les lingots d'or, les voitures de course et les yachts ne seront plus taxés au titre du nouvel ISF", écrit l'élue sur Twitter. "Le signal donné est terrible", enchaîne le groupe PS à l'Assemblée dans son communiqué.

"Vivez dans un yacht, ça coûte moins cher"

"Quelqu'un qui possède des chevaux de course, un yacht, un jet, des lingots d'or, des actions et des obligations ne paiera désormais plus un centime d'impôt sur la fortune", déplore de son côté Olivier Faure, président du groupe PS à l'Assemblée. "Donc il vaut mieux être rentier, un spéculateur, plutôt qu'un travailleur parce que ça rapporte beaucoup plus. Plutôt que d'acheter votre maison avec un PEL taxé à 30%, à partir de l'année prochaine, vivez dans un yacht, ça coûte moins cher".

Alexis Corbière, député France insoumise, fustige de son côté un Emmanuel Macron "Robin des rois", ce jeudi sur LCI. "Cette réforme va rendre de l'argent aux plus riches, comme Bernard Arnault. Est-ce qu'il faut rendre de l'argent aux ultra-riches et en prendre aux plus modestes? C'est absurde!".

Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont beau soutenir sur les plateaux télévisés que les gagnants de ce budget sont "les Français", du côté d'En Marche, on s'inquiète. "On n'a qu'une trouille, c'est que le syndrome des yachts nous explose à la figure", confie un député LREM à Challenges. "Nous proposerons peut-être des amendements", indique à Challenges Joël Giraud, rapporteur général du Budget à la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Le pari d'Emmanuel Macron s'annonce délicat.

A. K.