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Réquisitoire de François Hollande contre le "candidat-président"

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a ironisé mercredi soir sur l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy, "président-candidat" devenu "candidat-président". /Photo prise le 15 février 2012/REUTERS/Benoît Tessier

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a ironisé mercredi soir sur l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy, "président-candidat" devenu "candidat-président". /Photo prise le 15 février 2012/REUTERS/Benoît Tessier - -

par Elizabeth Pineau ROUEN, Seine-Maritime (Reuters) - François Hollande a engagé mercredi le duel contre Nicolas Sarkozy, aiguillonné sans relâche...

par Elizabeth Pineau

ROUEN, Seine-Maritime (Reuters) - François Hollande a engagé mercredi le duel contre Nicolas Sarkozy, aiguillonné sans relâche par le candidat socialiste au moment où le chef de l'Etat officialisait à la télévision son entrée en lice pour une éventuelle réélection.

En meeting dans sa ville natale de Rouen, le député de Corrèze n'a fait aucun cadeau au "candidat-président", attaqué sur son bilan mais aussi sur le terrain des valeurs.

Pendant une heure dix de réquisitoire, François Hollande a ciblé le "fiasco" d'un président qui, "à peine élu était déjà en campagne, à peine entré, était déjà sortant".

"Vous connaissez la nouvelle du jour, le 'président-candidat' est désormais 'candidat-président'", a-t-il ironisé, déclenchant les rires des quelque 10.000 personnes - selon le PS - venues l'écouter au Zénith de Rouen. "Je vais vous faire une confidence : moi je m'en doutais !"

A 67 jours du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril, François Hollande a dit souhaiter "pour la France un débat digne à la hauteur de l'enjeu".

"Il s'agit du destin de chacun et du destin de la France, cette France qui souffre à un moment où beaucoup de citoyens sont en défiance face à la politique", a-t-il souligné, mettant en garde contre la tentation de l'extrême droite.

François Hollande a repris une formule employée il y a plus de 30 ans par François Mitterrand à propos du président sortant Valéry Giscard d'Estaing : "Plutôt que de présenter sa candidature il aurait mieux fait de présenter ses excuses".

"C'est vrai qu'il y aurait des excuses à formuler", a dit l'élu socialiste à l'adresse de Nicolas Sarkozy.

"Qui va mieux depuis cinq ans ?", s'est interrogé le candidat, pour qui le seul bénéficiaire du quinquennat est le "peuple des importants, des possédants, des dirigeants".

"Ce n'est pas un bilan, c'est un fiasco", a-t-il dit, prenant à témoin une salle enthousiaste.

VALEURS

Comme son adversaire désormais déclaré, François Hollande s'est placé sur le terrain des valeurs. Aux choix présidentiels, il a opposé les siens : vérité, travail, justice et République.

"Je dirai la vérité, même si elle est difficile à entendre. Nous ne pouvons pas tout faire, pas tout promettre", a-t-il dit.

"Où est le respect du travail quand trois millions de nos concitoyens sont au chômage ?", s'est-il interrogé, plaidant en outre pour une République "unie et laïque".

"En campagne depuis près d'un an", François Hollande a dit son impatience d'arriver au terme de la campagne - "Je compte les jours" - tout en prédisant une bataille ardue.

"Rien ne nous sera épargné : à moi-même, mais je suis résistant, à la gauche, mais elle saura se rassembler, aux Français eux-mêmes", a-t-il dit, comparant la bataille à venir à une "confrontation entre la peur et l'espoir".

"On nous dira que si nous gagnons la France risque d'être dégradée, mais c'est fait, que les caisses seront vidées, mais c'est fait, que l'argent va partir, mais c'est fait !"

Au lendemain de la polémique avec les communistes mécontents de propos de François Hollande à leur égard publiés dans The Guardian, il a appelé au rassemblement à gauche.

"Nous avons besoin de toute la gauche de toutes ses sensibilités, communistes, écologistes, parce que c'est la gauche qui donne la victoire, la force", a-t-il dit.

A Rouen, où il est né le 12 août 1954 d'un père médecin et d'une mère assistante sociale, François Hollande a visité une papeterie menacée de fermeture avant de se rendre devant sa maison natale dans le centre-ville, où la députée-maire Valérie Fourneyron lui a remis son acte de naissance.

"Corrézien, Normand, il faut croire au métissage au mélange à la greffe", a dit le député de Corrèze dans son discours.

Edité par Yves Clarisse