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Rentrée des ministres: les principaux dossiers attendus

Après deux semaines de vacances, les ministres vont devoir s'atteler à des dossiers économiques et sociaux avant la reprise des travaux parlementaires le 9 septembre prochain. Un premier dossier politique, celui du remplacement du ministre du Travail François Rebsamen, se posera dès le premier conseil des ministres mercredi.

> Qui pour succéder à François Rebsamen?

François Rebsamen, le ministre du Travail remettra sa démission à François Hollande mercredi. Une démission afin de retrouver sa ville de Dijon dont il a été réélu maire la semaine dernière, après le décès d'Alain Millot. Parmi les successeurs possibles, plusieurs noms sont cités comme Alain Vidalies, l'actuel secrétaire d'Etat aux Transports, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, ou Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry. M. Rebsamen "pourra encore assumer ses responsabilités pendant quelques jours ou quelques semaines, le temps de transmettre ses dossiers à son successeur", avait souligné le Premier ministre la semaine dernière.

> La crise de l'élevage et la détresse des éleveurs

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll doit gérer la crise de l'élevage porcin. Les acteurs de la filière porcine se retrouvaient dès lundi au ministère de l'Agriculture afin de permettre une reprise de la cotation au Marché du porc breton (MPB), suspendue depuis une semaine. Les deux acheteurs à l'origine du bras de fer avec les éleveurs, Cooperl et Bigard ne sont pas venus. Après cette réunion, une nouvelle mobilisation des éleveurs, qui réclament des prix couvrant leurs coûts de production, n'est pas à exclure. Plusieurs réunions sont prévues sur le sujet dans les prochaines semaines.

Le ministre aura surtout en ligne de mire le conseil européen des ministres de l'Agriculture, convoqué le 7 septembre à Bruxelles à sa demande. La crise de l'élevage, toutes productions confondues, y sera discutée, avec un focus sur le lait, dont les cours ont chuté depuis la fin du système de quotas européens en mars, à cause notamment d'une demande chinoise en berne. Les éleveurs laitiers se retrouvent dans une situation critique qui se répercute sur les éleveurs de viande bovine. La France souhaite un soutien de Bruxelles aux producteurs de lait et une revalorisation du prix d'intervention, un mécanisme de soutien européen, activé en cas d'effondrement des cours, et des mesures sur le stockage de la viande de porc.

> Un objectif de croissance à 1% et la baisse du chômage

L'exécutif va devoir faire sans l'embellie conjoncturelle qu'il espérait à la rentrée. Après un bon premier trimestre (+0,7%), la croissance économique a en effet été nulle au deuxième trimestre, alors qu'elle était attendue autour de 0,3%. Un à-coup qu'il a voulu dédramatiser en plein cœur de l'été mais qui fait mauvais effet alors que certains à gauche continue de critiquer des choix économiques de début de quinquennat qui tardent à porter leurs fruits. Le fait que l'économie ait recommencé au deuxième trimestre à créer des emplois (+27.300, +0,2%) pour la première fois depuis début 2011 a néanmoins poussé le Premier ministre Manuel Valls à faire preuve d'optimisme, assurant que la croissance allait "dépasser" 1% en moyenne en 2015. Mais le chômage ne recule pas. Le taux de chômage, au sens de l’Insee, s’élevait à 10% de la population active métropolitaine au premier trimestre, tandis que Pôle emploi comptabilisait fin juin 3,55 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité. François Hollande a repoussé l'échéance de l'inversion de la courbe à 2016 - sans baisse "crédible" du chômage, il ne sera pas candidat en 2017 -, mais la pression pèsera dès la rentrée sur les épaules du futur remplaçant de François Rebsamen au ministère du Travail.

> Des économies pour boucler le budget

La préparation du budget 2016 doit permettre de poursuivre l'effort d'économies en tendance dans la dépense publique (14 milliards d'euros sont programmés en 2016) auquel s'ajoute un effort de 5 milliards d'euros pour compenser notamment les mesures rendues caduques par la très basse inflation. Pour le ministre des Finances Michel Sapin, les priorités restent la sécurité et l'éducation, les aides aux entreprises et la réduction du déficit. Il s'est dit défavorable dans l'immédiat à de nouvelles réductions d'impôt après celles concédées cette rentrée à neuf millions de foyers fiscaux. Il assure que l'objectif d'un déficit public équivalent à 3,8% du PIB sera respecté.

> La baisse de la mortalité sur les routes

Les chiffres sont très mauvais, la tendance reste à la hausse et le gouvernement est accusé de manquer de vision et de courage politique. Il va réunir à la rentrée, pour la première fois depuis 2011, un "comité interministériel à la sécurité routière" chargé d’adopter de nouvelles mesures pour enrayer l’hécatombe.

> Soutenir la loi santé contestée par les médecins

Examinée à partir du 14 septembre par le Sénat, sa mesure phare, la généralisation du tiers payant, d'ici à 2017, provoque la colère des médecins. Craignant un surcroît de travail administratif, des retards de paiement ou encore une perte d'indépendance, ils réclament son abandon. Une nouvelle grève reconductible est prévue en octobre, à l'appel du principal syndicat de médecins généralistes, MG France.

Le texte, déjà adopté en première lecture par l'Assemblée en avril, prévoit également de rendre obligatoires les paquets de cigarettes "neutres" en 2016, soulevant le mécontentement des buralistes.

> L'avenir des retraites complémentaires

Organisations patronales et syndicales se réunissent à nouveau le 16 octobre pour tenter de trouver un accord sur l'avenir financier des régimes de retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés). Objectif: ramener à l'équilibre les deux régimes, dont les réserves pourraient s'épuiser, d'ici à 2018 pour l'Agirc, 2027 pour l'Arrco. Le patronat propose des mesures drastiques, comme des décotes pour les départs avant 65 ans ou une sous-indexation des pensions par rapport à l'inflation. Aucune augmentation des cotisations patronales n'est envisagée, au grand dam des syndicalistes qui réclament à l'unisson des "efforts partagés".

> Le temps de travail dans les hôpitaux de Paris

Rompues depuis début juillet, les négociations entre les syndicats et la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) sur la réforme du temps de travail doivent reprendre à la rentrée. Le réaménagement des horaires des 75.000 agents (hors médecins) de 38 hôpitaux vise à économiser entre 20 et 30 millions d'euros et à préserver 4.000 emplois sur 4 ans.

la rédaction avec AFP