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PSA, premier test social du gouvernement, choc pour l'opinion

LES SITES PSA PEUGEOT CITROËN

LES SITES PSA PEUGEOT CITROËN - -

Symbole des difficultés de l'industrie française, choc pour l'opinion, l'annonce des suppressions massives d'emplois chez PSA est le premier grand test social pour le nouveau gouvernement, qui a fait du redressement productif une priorité.

L'annonce des suppressions massives d'emplois chez PSA est le premier grand test social pour le nouvel exécutif socialiste. Des réactions de colère ont accueilli jeudi la nouvelle de la restructuration du groupe automobile qui prévoit 8 000 suppressions d'emplois et la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. La CGT dénonce une "injustice", l'UMP réclame des mesures pour la compétitivité des entreprises, le Parti communiste une loi contre les licenciements abusifs, et les Verts déplorent l'inertie de l'Etat depuis des années. L'interview du 14-Juillet devrait être l'occasion pour le président François Hollande de s'exprimer sur le dossier des plans sociaux qui se multiplient depuis son élection, il y a deux mois - chez Doux, Air France ou encore Castorama. Le dossier est pour l'instant sur le bureau du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui a eu une longue réunion jeudi matin à Matignon avec le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Dans un communiqué, le chef du gouvernement évoque le "véritable choc" pour les salariés de PSA et annonce un plan de soutien à la filière automobile qui sera examiné en conseil des ministres le 25 juillet.

Le volontarisme, seule arme du gouvernement

Le volontarisme est pour l'instant la seule arme du gouvernement en réponse à ce que certains, comme la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, qualifient "d'onde de choc". Le journal Le Monde évoque un "fiasco" en "une" de son édition datée du 13 juillet. Annoncé à l'orée des vacances d'été, le plan de restructuration de PSA n'est pas une surprise, les syndicats ayant tiré la sonnette d'alarme il y a déjà un an. "C'est une confirmation, malheureusement", a reconnu sur France Inter le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui a réclamé "des dispositions d'urgence" pour "empêcher d'être uniquement spectateur".
Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, a déploré sur RMC le temps perdu : "Ça fait des années qu'on sait que l'automobile est dans une logique qui est très proche de celle de la sidérurgie", a-t-il déclaré. "Les pouvoirs publics n'ont pas pris la mesure de la difficulté. Ils n'ont pas anticipé, ils n'ont pas vu l'avenir". La députée communiste de Seine-Saint-Denis Marie-George Buffet a réclamé dès ce mois-ci une loi contre les licenciements dans les entreprises rentables. A ceux qui réclament l'interdiction pure et simple des licenciements, le ministre du Travail, Michel Sapin, répond que le gouvernement "ne va pas se substituer à l'entreprise". "Ce n'est pas l'Etat qui va nationaliser Renault et Peugeot, on n'en est pas là", a-t-il dit sur BFM-TV.

"PSA nous déclare la guerre"

Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, a estimé sur LCI que "beaucoup de plans sociaux (avaient) été retardés pour des raisons électorales" et en a appelé au "patriotisme des grands groupes" qui, comme PSA, ont été "largement aidés par l'argent public, par l'Etat". Pour Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, "la cote d'alerte est dépassée". "Il s'agit d'assumer enfin que la priorité absolue pour notre pays, c'est la compétitivité de notre industrie", a-t-il dit sur France Info. Marine Le Pen, présidente du Front national, rappelle que le "chiffre déjà terrible de 8000 devra être multiplié par trois ou quatre pour tenir compte des sous-traitants". Elle demande à l'Etat de soutenir l'industrie française "en la protégeant de la concurrence internationale déloyale". C'est du côté des syndicats de Peugeot que le constat était le plus amer après ce "coup de massue sur tout le personnel du site", selon l'expression d'une déléguée d'Aulnay. "PSA nous déclare la guerre", a renchéri Michael Gallais, délégué CGT de l'usine PSA de Rennes. "Nous avons un sentiment d'injustice, alors que PSA a de l'argent plein les poches (...) et fait régulièrement appel à l'argent public. C'est intolérable", a-t-il déclaré à la presse devant l'usine bretonne.

La Rédaction, avec Reuters