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Programmes: Macron et Le Pen, irréconciliables sur l'Europe

Emmanuel Macron et Marine Le Pen proposent un programme aux antipodes sur l'Europe.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen proposent un programme aux antipodes sur l'Europe. - Eric Feferberg, Joël SAGET / AFP

Les deux candidats qui s'opposeront au second tour de l'élection présidentielle portent deux visions de l'Europe irréconciliables: le candidat d'En Marche! veut notamment renforcer la gouvernance européenne, tandis que son adversaire d'extrême droite défend une sortie de l'Europe et un retour au franc.

Au second tour de la présidentielle, ce ne sont pas seulement deux candidats qui s'opposeront. Avec Marine Le Pen et Emmanuel Macron, deux visions de l'Europe aux antipodes l'une de l'autre vont s'affronter. Parmi les onze candidats qui se sont présentés au premier tour, Marine Le Pen était une des représentantes de l'euroscepticisme et de l'anti-européisme, avec un François Asselineau ou un Jean-Luc Mélenchon. De l'autre côté de l'éventail, Emmanuel Macron a, au contraire, porté très tôt une candidature pro-européenne assumée. Tour d'horizon de leurs propositions emblématiques sur ce thème.

Le Pen: sortir de l'UE par négociations ou référendum

Au nom d'un retour à la "souveraineté nationale", Marine Le Pen défend un remplacement de l'Union européenne par une "Europe des nations". Son discours sur l'Europe a évolué au fil de la campagne, mais dans le fond sa vision reste la même. Plutôt que de défendre frontalement une sortie de l'Union européenne et de l'euro, deux propositions qui effraient un certain nombre d'électeurs potentiels, d'après les études d'opinion réalisées sur ce sujet, la candidate explique désormais qu'elle souhaite négocier avec Bruxelles dans un premier temps.

Ces négociations auraient pour but de permettre le "retour aux souverainetés" de la France: "monétaire, législative, territoriale, économique", précise le "projet présidentiel" de la candidate). Cela englobe notamment le retour du franc et des frontières nationales avec la sortie de l'espace Schengen. En cas d'échec de ces négociations, la candidate organiserait au bout de six mois un référendum sur l'appartenance de la France à l'UE. En cas de victoire du non, elle quitterait alors le pouvoir. 

Macron: approfondir l'intégration européenne

Le candidat d'En Marche! se présente dans la course à la présidentielle comme celui de l'Europe actuelle. Et l'Europe le lui rend bien, puisque de nombreux dirigeants ont salué dimanche soir son accession au second tour. Ils appellent à l'unanimité à sa victoire le 7 mai, car tous craignent, après le Brexit, l'impact qu'aurait une victoire de Marine Le Pen sur l'avenir de l'Europe.

Emmanuel Macron plaide pour un approfondissement de l'intégration européenne, qui passerait par un renforcement de la gouvernance. Il propose la création d'un Parlement de la zone euro, qui aurait notamment vocation à voter un budget propre à la zone euro.

Il défend aussi la nomination d'un ministre de l'Economie et des Finances de la zone euro et la définition d'un socle de droits sociaux européens. Le candidat veut aussi renforcer la défense européenne en créant un Conseil de sécurité européen un Fonds européen de défense. Il souhaite proposer aux partenaires européens de renforcer le corps de police des frontières européen.

Plus généralement, il propose le lancement dans l'Union de conventions démocratiques qui permettront d'aboutir à un projet validé pour tous les pays membres qui souhaitent u participer. 

Refuser ou maintenir les traités de libre-échange

Parmi les proposition emblématique des candidats sur l'Europe, Marine Le Pen défend le refus des traités de libre-échange, comme le Ceta avec le Canada, le Tafta, mais aussi celui avec la Nouvelle-Zélande et l'Australie.

Emmanuel Macron propose au contraire de maintenir le Ceta. Le candidat d'En Marche! défend un renforcement du libre-échange et était le seul, parmi les onze candidats du premier tour, à ne pas s'opposer au Ceta. 

  • Supprimer ou renégocier la directive sur les travailleurs détachés

Cette question a opposé souverainistes et pro-européens pendant la campagne pour le premier tour. Comme le rappelle la Commission européenne sur son site, "un travailleur détaché est un salarié envoyé par son employeur dans un autre État membre en vue d’y fournir un service à titre temporaire. Contrairement aux travailleurs mobiles de l'UE qui s'installent dans un autre État membre pour y travailler ou chercher un emploi, les travailleurs détachés ne séjournent que temporairement dans le pays d'accueil et n'intègrent pas le marché du travail du pays". Marine Le Pen propose de supprimer la directive sur ces travailleurs.

"Je ne veux pas de cette directive détachement, même si on respecte la loi. Je la trouve profondément injuste parce qu’elle crée une priorité étrangère à l’emploi (…). Le travailleur étranger est moins cher que le travailleur français", a déclaré la candidate lors du débat à onze, le 4 avril sur BFMTV.

Emmanuel Macron propose quant à lui une réforme du texte. 

"Nous nous battrons contre les abus liés au travail détaché. Nous devrons limiter à un an la durée autorisée de séjour d’un travailleur détaché dans notre pays et redéfinir au niveau européen les règles du détachement pour mettre fin à toutes les formes de concurrence sociale déloyale", écrit le candidat dans son programme. 

Charlie Vandekerkhove