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Pressions internes, décision solitaire, contre-attaque... Les coulisses de la démission de Bayou

Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, quitte le siège de LFI à Paris le 30 avril 2022

Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, quitte le siège de LFI à Paris le 30 avril 2022 - Alain JOCARD © 2019 AFP

Le numéro un des écologistes a quitté de lui-même ses fonctions au sein d'EELV ce lundi matin. Des appels à son départ se multipliaient dans le parti depuis la médiatisation de violences psychologiques supposées sur son ex-compagne. Son avocate vient de contre-attaquer.

"Cette situation est intenable". C'est par ces mots dans un communiqué de presse diffusé très tôt ce lundi matin que Julien Bayou a acté sa démission du poste de numéro un des écologistes. Mis en cause par son ex-compagne qui l'accuse de violences psychologiques, la pression était devenue trop forte. L'écologiste s'est défendu plus tard dans l'après-midi par la voix de son avocate.

Son texte a surpris en haut lieu dans le parti, aucune des instances dirigeantes n'ayant été informée en amont de sa décision. L'écologiste a manifestement décidé de devancer une probable éviction début octobre lors du conseil fédéral prévu le week-end prochain.

"Seules les pressions internes l'ont fait enfin lâcher"

Plusieurs membres du bureau exécutif du parti lui demandaient depuis plusieurs jours de quitter le secrétariat général du parti. Yannick Jadot, discret depuis son mauvais score à l'élection présidentielle, est également sorti du bois dimanche, lui demandant de se mettre "en retrait" du parti sur RTL.

"Il est invraisemblable que Julien Bayou ait pu imaginer rester secrétaire national dans ce contexte. Il s’est accroché de façon pathétique et seules les pressions internes l’ont fait enfin lâcher", analyse Géraldine Boÿer, déléguée à la communication et membre du bureau exécutif, auprès de BFMTV.

"Kafka à l'heure des réseaux sociaux"

Cette membre de la direction avait déjà tenté de le convaincre de se retirer de la direction du parti la semaine dernière. Sans succès. Le trentenaire n'avait alors que consenti à se retirer de la co-présidence du groupe écologiste à l'Assemblée nationale.

Le ton de son texte ne laisse d'ailleurs guère de doute sur la volonté qu'il avait de se maintenir à son poste.

"Vous le savez peut-être, je suis accusé de faits qui ne me sont pas présentés, dont mes accusateurs.ices disent qu’ils ne sont pas pénalement répréhensibles, et dont je ne peux pour autant pas me défendre puisqu’on refuse de m’entendre. C’est Kafka à l’heure des réseaux sociaux", écrit ainsi l'élu de Paris.

"Il n'a jamais exercé la moindre violence psychologique"

La pression n'avait eu de cesse de s'accentuer contre Julien Bayou depuis que Sandrine Rousseau avait formulé la semaine dernière sur un plateau de télévision des accusations de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes".

L'ancienne finaliste de la primaire expliquait notamment avoir "reçu longuement" chez elle une ex-compagne "très déprimée" du secrétaire national du parti. La députée avait encore assuré qu'elles étaient "manifestement plusieurs" femmes à être concernées par ces comportements, évoquant une "enquête journalistique en cours".

Julien Bayou a contre-attaqué ce lundi après-midi par la voix de son avocate Marie Dosé, assurant qu'il "n'avait jamais exercé la moindre violence psychologique à l'égard de ses compagnes".

"L'ambition politicienne ne saurait justifier toutes les croisades"

Avant de viser sans la nommer Sandrine Rousseau.

"L'ambition politicienne ne saurait justifier toutes les croisades", a-t-elle encore lancé lors d'une conférence de presse.

Le parti doit désormais se trouver un nouveau secrétaire national par intérim alors qu'il doit élire ses nouveaux dirigeants à l'hiver. Ses deux bras droits, Léa Balage El Mariky et Jérémie Crépel, devraient assurer temporairement les missions de Julien Bayou.

Anthony Lebbos et Marie-Pierre Bourgeois