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Présidentielle: les candidats préparent un débat défensif

Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon.

Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. - Jean-François Monier - AFP Kenzo Tribouillard – AFP FRANCOIS NASCIMBENI – AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen se rencontreront lundi pour un premier débat présidentiel. Chacun semble se préparer à un moment d'exposition programmatique, plus qu'à une confrontation politique.

Ne pas prendre de coups. Le premier débat présidentiel réunira ce lundi sur TF1 les cinq candidats "majeurs". Cette confrontation est abordée, avant-match, avec beaucoup de prudence dans les états-majors des prétendants à l'Elysée.

Pas question d'apparaître fébrile pour ce rendez-vous inédit dans une campagne présidentielle: "Il n'y a pas besoin d'une préparation spécifique", assure Mathieu Hanotin dans le camp Hamon, "Benoît est déjà rodé sur la préparation technique, les réponses courtes, ce genre de détails..."; "elle a l'habitude", dit-on de Marine Le Pen au Front national; "nous allons travaillé les grandes lignes ce week-end, mais la campagne continue", affirme Alexis Corbière pour l'équipe Mélenchon; Emmanuel Macron, malgré son inexpérience dans l'exercice, "sait faire": "c'est un pro", certifie son soutien Arnaud Leroy... Tandis que François Fillon (qui n'a pas répondu à nos sollicitations) reprend, selon L'Express, sa méthode de la primaire consistant à faire de ses lieutenants les doublures de ses adversaires, l'entrainement des autres candidats sera, à en croire leurs proches, de l'ordre du décrassage.

A gauche, l'enjeu de la visibilité

Surtout, le travail de chacun semble centré sur la défense de son propre programme, plus que sur l'attaque de ceux des autres.

"On est d'abord là pour présenter le programme", confirme Alexis Corbière, "le temps de parole cumulé pour chacun est de 24 minutes, il faut s'adresser à l'électeur sur deux qui n'a pas encore choisi".

Les candidats ne disposeront en effet que de deux minutes pour répondre à chaque question, et ne pourront s'interpeller qu'au bout d'une minute trente de parole.

Même son de cloche chez les socialistes: "On est pas là pour aller chercher des poux dans la tête des autres candidats", explique Mathieu Hanotin. "Benoît Hamon a déjà présenté son programme, mais beaucoup de Français ne l'ont pas forcément entendu". Le candidat socialiste aborde davantage le débat comme un meeting télévisé, une tribune à une heure de grande écoute, que comme une empoignade politique. De l'exposition donc, plus que de la confrontation, malgré le dispositif en cercle du plateau de TF1, prévu pour faciliter les apostrophes.

Macron, le risque du "punching-ball"

Emmanuel Macron va, lui aussi, "dérouler", selon son entourage, se protéger plutôt que de donner les coups. "Au vu de la complexité des sujets, tout traiter par punchlines, c'est démocratiquement dangereux", estime ainsi le député Arnaud Leroy. Et pas question de cibler en particulier Marine Le Pen, contre laquelle Emmanuel Macron s'érige pourtant en rempart. "On ne va pas ajouter une louche à la victimisation", résume un proche.

Du bout des lèvres, on consent à reconnaître dans l'entourage de l'ancien ministre que ce débat présente pour lui le risque d'être, en raison de sa place de favori dans les sondages, "le candidat punching-ball" pour les quatre autres. En revanche, ce débat lui offre l'opportunité, s'il esquive bien les coups, de renforcer son image de candidat "au-dessus des partis". "On veut démontrer que tous les candidats sont issus d'un camp, et que ce n'est pas la bonne méthode", analyse Arnaud Leroy

Marine Le Pen, elle aussi sur la retenue

Alors même que Marine Le Pen ne retient pas ses coups contre ses rivaux en meeting, la fille du "Menhir" devrait, elle aussi, tenir la bride haute lundi. Soucieuse de ne pas "révéler ses petits secrets" selon son entourage, la candidate du Front national n'est pas adepte du "media training" à la Fillon, et préfère réviser son grand oral chez elle.

Le secrétaire général du FN Nicolas Bay résume ainsi les objectifs de la candidate pour le débat: ne pas tomber dans la politique politicienne, "aller à l'essentiel", et "parler aux Français". Une attitude à la fois explicable par le besoin de présenter un visage apaisé du Front national pour la candidate, et par le risque encouru par tous les candidats de brouiller encore un peu plus une campagne difficilement audible en adoptant une posture trop agressive.

Suivez en DIRECT le débat entre les 11 candidats de l’élection présidentielle 2017.

Louis Nadau