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Pourquoi l'exécutif a failli reporter de 24 heures le déconfinement

Les heures qui ont précédé le 11 mai ont été, en coulisses, le théâtre d'une passe d'armes entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe autour d'un vide juridique.

C'est un couac majeur auquel le gouvernement a échappé. Dimanche soir, quelques heures seulement avant le début du déconfinement du 11 mai dernier, la décision de décaler cette date si attendue au lendemain, le mardi 12 mai, a bien failli être prise, annonçait ce mercredi Le Figaro. Un report était bien l'une des options sur la table, confirme un proche du Premier ministre à BFMTV.

Pourquoi cette hésitation de dernière minute? Dimanche après-midi, Emmanuel Macron et Édouard Philippe apprennent que le Conseil constitutionnel n'est pas en capacité, faute de temps, de donner son avis quant au prolongement de l'état d'urgence sanitaire d'ici le soir-même. Un empêchement qui bloque la promulgation de loi et qui, par conséquent, invalide le déconfinement.

Une allocution télévisée annulée

Une situation épineuse, qui est suivie d'âpres discussions entre les deux hommes. Deux camps se dessinent alors. Le président de la République d'un côté, qui ne souhaite pas modifier le calendrier, et de l'autre, le Premier ministre, qui envisage de décaler le déconfinement pour éviter un vide juridique. Signe de l'urgence, Matignon fait même venir une caméra pour une éventuelle allocution d'Édouard Philippe annonçant ce report.

Finalement, Emmanuel Macron tranche et un décret est publié, dans l'attente de la promulgation de la loi. "Il n'est pas question d'infliger 24 heures supplémentaires aux Français", a estimé le président de la République, selon Le Figaro. Le gouvernement s'en sort de justesse et s'évite ainsi plusieurs accusations, dont celle d'un déconfinement préparé à la hâte. 

Thomas Soulié avec Hugo Septier