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Pour Anne Hidalgo, les propos de Jean-Luc Mélenchon sont "extrêmement choquants" et "préoccupants"

Anne Hidalgo, Maire de Paris

Anne Hidalgo, Maire de Paris - AFP

La maire de Paris estime que les responsables politiques doivent "rassembler, poser le cadre dans lequel la démocratie doit pouvoir fonctionner", plutôt que de diviser et amalgamer les Français.

Les propos de Jean-Luc Mélenchon n'en finissent plus de susciter la polémique. Invité sur les ondes de France Info dimanche, la candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2022 a pronostiqué que dans la dernière semaine de la campagne, nous aurons un grave incident ou un meurtre", pour "montrer du doigt les musulmans." "Tout ça c'est écrit d'avance", a-t-il encore lancé.

Des propos jugés comme étant "extrêmement choquants" et "préoccupants" par la maire de Paris, Anne Hidalgo, invitée sur France Inter ce mardi. Pour la socialiste, "cet amalgame, ce lien", est "empreint de complotisme."

"Je trouve que les responsables politiques, et Jean-Luc Mélenchon en est un, n’ont pas le droit de parler comme ça. On est dans une sorte de chaos, de monde dans lequel tout va très vite, où il y a beaucoup de stigmatisations et d’oppositions. Je pense que notre rôle, c’est de rassembler, poser le cadre dans lequel la démocratie doit pouvoir fonctionner", martèle-t-elle, assurant avoir une pensée pour "toutes les familles de victimes, à celles et ceux qui attendent que la justice soit rendue."

"Je ne supporte plus la violence en politique"

A moins d'un an du scrutin présidentiel, ces déclarations semblent définitivement éteindre l'espoir d'une union à gauche.

"Sur Paris, je n’ai pas d’alliance avec La France insoumise depuis 2014. J’ai fait un choix, je pense qu’il vaut mieux être clair, et pour moi ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon est très préoccupant. La gauche, celle que je porte, agit, est préoccupée par notre bien commun, par l’état de notre République", ajoute Anne Hidalgo.

L'édile avait pourtant participé, il y a plusieurs semaines, à une réunion des cadres de la gauche voulue par l'eurodéputé EELV Yannick Jadot.

"Je ne suis pas du tout dans l’idée que ce soit les partis politiques qui décident de ce que sera l’union ou pas, je pense qu’il faut l’union des Français, le rassemblement des Français. Ce qu’a fait Jean-Luc Mélenchon, ça divise, ça fracture, ça ne permet pas le rassemblement. Ça fait quelque temps qu’il est sur ce type de position. Je ne supporte plus la violence en politique, ces injonctions, ces invectives permanentes", conclut-elle.

"Odieuse manipulation"

En guise de réaction à la polémique, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "odieuse manipulation" de ses propos et braqué les projecteurs sur une vidéo postée dimanche après-midi - et depuis supprimée - par le YouTubeur d'extrême droite "Papacito", qui simule le meurtre d'un électeur insoumis, représenté par un mannequin.

D'abord depuis le siège de LFI, drapeau tricolore en arrière plan, puis à la tribune de l'Assemblée nationale, l'Insoumis, le visage fermé et le verbe lent, a clamé: "Je mets en garde contre le fait que cette vidéo est parue en fin de journée dimanche, alors même que commençait à s'orchestrer une odieuse manipulation de mes propos à propos des attentats qui ont eu lieu au cours des précédentes élections, et à propos desquels je veux renouveler l'expression de ma compassion pour les victimes".

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV