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Plan pour l'hôpital public: Agnès Buzyn répond aux critiques

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, était notre invitée ce mercredi soir, quelques heures après avoir détaillé auprès d'Edouard Philippe les mesures constituant le plan d'urgence pour l'hôpital. Elle a apporté ses réponses aux critiques suscitées par le projet présenté.

1,5 milliard d'euros sur trois ans pour l'Assurance Maladie, dont 300 millions dès 2020, 150 millions par an pendant trois ans consacrés au soutien à l’investissement courant, primes à destination du personnel soignant, reprise par l'Etat de 10 milliards d'euros de dette, sur les 29,5 milliards de l'ardoise. Il s'agit là de quelques unes des mesures phares du plan d'urgence pour l'hôpital public présenté par le Premier ministre et Agnès Buzyn ce mercredi matin.

Le gouvernement entend ainsi apaiser la crise qui sévit dans les établissements de santé et tenter de calmer la colère des soignants qui pourrait s'additionner le 5 décembre prochain à l'ensemble de la contestation sociale montant dans le pays. Mais le plan d'urgence de l'exécutif suscite des critiques au sein des acteurs du monde hospitalier. Ce mercredi soir, sur notre plateau, la ministre de la Santé a tenté d'y répondre. 

Reprendre un tiers de la dette pour "permettre à l'hôpital de vivre" 

Alors que Christophe Prudhomme, porte-parole de l'association des médecins urgentistes et représentant Santé de la CGT, a dénoncé sur notre antenne un effort financier insuffisant, Agnès Buzyn a affirmé: "Il ne peut réduire ce que nous faisons à 300 millions d'euros. Nous allons investir 1,5 milliard d’euros sur trois ans et surtout nous reprenons la dette des hôpitaux."

Elle a poursuivi: 

"Nous reprenons la dette des hôpitaux, ça n’a jamais été fait. Nous avons depuis 20 ans créé de tels tarifs à l’hôpital, baissé tellement les budgets qu’en réalité on a demandé à l’hôpital de s’endetter pour vivre et donc c’est l’Etat qui a créé cette dette et nous disons que les hôpitaux n’ont plus les moyens de la rembourser parce qu’ils n’en ont plus les moyens. (...) Sans cette dette, l’hôpital va pouvoir recruter, mener de nouveaux projets. Ces 10 milliards de dettes que nous reprenons sur trois ans c’est autant d’argent qui va permettre à l’hôpital d’avoir une trésorerie qui lui permette de vivre."

"Je demande aux soignants de lire le plan"

Sur notre chaîne, une infirmière avait estimé que le personnel des soins généraux était négligé par le système de primes projeté. Agnès Buzyn a rétorqué:

"Je demande aux soignants de lire le plan, il est vrai qu’il y a beaucoup de mesures qui peuvent paraître complexes, évidemment des primes qui seront à la main de la direction mais ce ne sera pas du mérite. (…) Elle peut être concernée par les primes. Il y a des primes de coopération si médecins et infirmières s’engagent sur un protocole de coopération qui fait que les infirmières font des actes qu’elles ne font pas d’habitude. Dans ce cas-là, elles gagneront 80 euros net de plus par mois."

Mais pourquoi alors ne pas revaloriser les salaires au lieu de miser sur des primes? "Si nous faisions revalorisation générale des salaires on ne pourrait pas investir sur ce qui permet à l’hôpital de fonctionner: investir dans le quotidien, dans des équipes qui transforment l’accueil des malades, dans des parcours de soin innovant."

Agnès Buzyn répond à Eric Ciotti 

Le plan prévoit aussi des primes par branche, comme un plus de 100 net par mois dès 2020 pour les soignants exerçant auprès des personnes âgées, ou géographique. Ainsi, les infirmières et aides-soignants percevant moins de 1950 euros net par mois et travaillant à Paris ou dans sa petite couronne recevront une prime de 800 euros. Une somme qui divisée par douze donne toutefois un famélique 66 euros. "Ils seront éligibles aux primes de coopération, d’engagement collectif". Dans le meilleur des cas, Agnès Buzyn a assuré que ces nouveaux revenus pourraient atteindre 2000 euros dans l'année. "C'est plus qu'un treizième mois", a-t-elle posé. 

Eric Ciotti, député LR élu dans les Alpes-Maritimes, a déploré que cette mesure soit seulement francilienne et ne concerne pas son département. "Le logement est cher à Nice mais les gens n’habitent pas à 1h30 de leur lieu de travail", lui a répondu la membre du gouvernement.

Robin Verner