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Yamina Benguigui: une enquête sur sa déclaration de patrimoine ouverte

Anne Hidalgo aurait demandé à Yamina Benguigui, tout juste élue au Conseil de Paris, de démissionner.

Anne Hidalgo aurait demandé à Yamina Benguigui, tout juste élue au Conseil de Paris, de démissionner. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La ministre de la Francophonie, Yamina Benguigui soupçonnée d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine malgré ses dénégations, se trouvait lundi en fâcheuse posture, en plein remaniement ministériel, et incitée à démissionner de son poste de Conseillère de Paris.

Mise à jour mercredi 2 avril: une enquête préliminaire sur la déclaration de patrimoine de Yamina Benguigui a été ouverte.
Cette enquête fait suite au "doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité" exprimé le 31 mars par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique qui avait porté ses interrogations à la connaissance du procureur de la République de Paris, François Molins.

La nouvelle maire de Paris prend les choses en mains. Après les doutes émis par la Haute autorité pour la transparence à propos de la déclaration de patrimoine de Yamina Benguigui, Anne Hidalgo aurait demandé à cette dernière de démissionner du Conseil de Paris, où elle vient d'être réélue. L'entourage de la future édile a confirmé cette information du Monde.

Cette décision intervient, alors que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a annoncé lundi avoir relevé "un doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité" des déclarations de patrimoine de l'actuelle ministre de la Francophonie.

Benguigui aurait dû déclaré ses parts dès 2008

La Haute Autorité reproche à la ministre d'avoir omis de déclarer qu'elle était depuis 2005 copropriétaire d'une société anonyme de droit belge, G2. Cette holding est actionnaire à 99% de sa société de production Bandits productions.

Yamina Benguigui aurait même dû déclarer ses parts dès 2008 quand elle est devenue adjointe à la mairie de Paris, mais cela n'était pas un délit à l'époque, a-t-on expliqué à la Haute Autorité.

Selon la nouvelle loi sur la transparence de la vie politique, adoptée en octobre 2013, ces "manquements" sont susceptibles d'être punis de trois ans de prison, 45.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité.

Benguigui dément toute "fraude" ou "enrichissement personnel"

"Il n'y a ni fraude, de quelque nature que ce soit, ni enrichissement personnel: le patrimoine de Madame Benguigui est parfaitement connu et régulièrement déclaré auprès de l'administration fiscale", a de son côté déclaré l'avocate de la ministre, Me Martine Malinbaum, dans un communiqué.

"Toute autre interprétation ne serait que volonté de lui nuire, dans le contexte politique actuel", ajoute le communiqué, précisant que la ministre "se réserve le droit de poursuivre tout agissement diffamatoire qui pourrait porter atteinte à son honneur et à sa considération".

Yann Duvert