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Anne Hidalgo entre en scène pour les municipales

Anne Hidalgo a tenu mardi soir son premier meeting de campagne, en vue des municipales de 2014.

Anne Hidalgo a tenu mardi soir son premier meeting de campagne, en vue des municipales de 2014. - -

La première adjointe de Bertrand Delanoë a tenu mardi soir son premier meeting de campagne, en vue des municipales de mars 2014. Entre passation de pouvoir et coups de griffes à l'adversaire, Anne Hidalgo a tenté de faire émerger une personnalité propre.

Pour son premier meeting, Anne Hidalgo a fait le plein. Mardi soir, le Bataclan était si rempli que des sympathisants n'ont pas tous pu rentrer, faute de places disponibles. Des jeunes massés devant la salle de spectacles, les riverains du XIe arrondissement ont l'habitude d'en voir. Mais cette fois, la star n'est pas une chanteuse de rock. Il s'agit de la candidate socialiste à la mairie de Paris.

Jeunes et moins jeunes, ils sont près d'un millier à être venus soutenir Anne Hidalgo. Une première réunion publique officielle, en vue de la municipale qui n'aura lieu que dans dix mois. Mais pour les militants, il n'est jamais trop tôt pour se lancer dans la bataille: "Au contraire, elle est dans le bon tempo, estime Maxime, 22 ans, militant de la section PS du XIXe arrondissement. L'UMP n'attend qu'une chose, c'est de pouvoir reprendre des voix aux élections locales. Ils occupent le terrain, il faut donc qu'on réponde." "On attend qu'elle pose le combat pour l'élection, sans déborder sur les enjeux nationaux", renchérit Alexandre, 23 ans, militant au Mouvement des jeunes socialistes, impatient d'entrer dans la salle.

Les lumières s'éteignent. Et c'est finalement une entrée de rock star à laquelle a droit la candidate socialiste, qui fend la foule au son de The Harlem Shuffle, un morceau des Rolling Stones, sous les applaudissements du public. Elle restera ensuite sagement assise pendant près d'une heure au premier rang, pour écouter les personnalités - issues du monde politique comme de la société civile -, venues lui apporter leur soutien.

"Merci Bertrand"

Et l'une d'entre elles est scrutée, voire adulée par certains: Bertrand Delanoë. Ce meeting était l'occasion pour le maire de Paris de passer officiellement la main à sa première adjointe. Et de répondre aux critiques qui accusent le premier d'avoir désigné sa successeur, au mépris d'un processus démocratique. "Anne a été élue candidate à 98% des votes, elle n'a pas été désignée, rappelle Delanoë à la tribune, agacé. Il paraît qu'il y a une querelle d'héritage, ironise-t-il. Mais cet héritage, qu'est-ce que c'est? C'est une société solidaire, qui vit sans peur sa diversité. Cet héritage, c'est celui des Parisiens. Alors oui, nous sommes tous des héritiers!", s'exclame-t-il, ovationné par le Bataclan. Des "merci Bertrand" fusent. "Il est vraiment très bon", glisse un militant.

Le bilan de l'édile est assumé par son adjointe. Qui en profite pour affirmer que, "contrairement à la droite", elle "n'a pas peur du passé". "Le passé que nous avons construit dans notre ville, je le revendique", s'exclame-t-elle à la tribune.

Mais Delanoë aura beau dire, l'un des enjeux de cette campagne pour Anne Hidalgo consiste notamment à s'émanciper de celui qui lui a ouvert le passage. Et si la candidate met en avant son travail pour en arriver là - "je ne suis pas une aventurière, j'apprends et j'ai appris", si elle évoque sa "fidélité" et sa "continuité en politique", elle ne manque pas non plus de mettre en valeur sa singularité. "Je suis née en Andalousie, je suis arrivée à 24 ans à Paris", rappelle-t-elle, y voyant une proximité "avec tant de Parisiens qui viennent d'ailleurs". "Et puis, je suis une femme, poursuit-elle. Et je veux que mon combat serve à toutes les femmes."

Le spectre NKM

Pas sûr que l'argument pèse. En tout cas pas face à Nathalie Kociusko-Morizet, qui fait figure d'adversaire principale d'Anne Hidalgo. Dans le discours de la socialiste, l'ancienne maire de Longjumeau est égratignée plusieurs fois, notamment lorsqu'Anne Hidalgo évoque son "conservatisme". "Le conservatisme, c'est s'abstenir quand il y a le choix de vote pour le mariage pour tous. C'est avoir été porte-parole d'un discours régressiste sur l'identité nationale", dénonce-t-elle. Les piques vers la droite et "son passé judiciaire" s'enchaînent. La salle exulte.

Bien lancée, Hidalgo déroule son programme: "le logement pour tous", l'écologie - "la fin du diesel dans Paris" "le Vélib électrique" "la transition énergétique", elle refuse l'idée d'une "ville-musée", et défend celle d'une ville-monde, "reconnue internationalement". Mais la candidate reconnaît aussi que le programme "n'est pas fini". "Nous continuons à travailler avec les Parisiens", explique-t-elle.

"Concrètement, on ne comprend pas grand-chose à ce qu'elle propose", explique Yann, étudiant "de droite", venu par "amour de la politique". "C'est un peu le problème, concède son ami Maxime, militant socialiste. Elle est très bonne sur certains points, comme le mariage homo ou l'écologie, mais on sent que le programme est encore faible." D'ici mars 2014, le chemin est encore long.


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Ariane Kujawski