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"Où est Steve?": plusieurs élus interpellent le gouvernement sur le jeune homme porté disparu à Nantes

De Le France insoumise au Parti socialiste, députés et sénateurs demandent des comptes à Christophe Castaner sur Steve Maia Caniço, disparu à la suite d'une rixe entre forces de l'ordre et des jeunes participant à la Fête de la musique à Nantes, il y a près d'un mois.

Les autorités n'ont toujours aucun signe de vie de Steve Maia Caniço. Porté disparu depuis le 21 juin, le jeune homme âgé de 24 ans avait participé à la Fête de la musique à Nantes où, à 4h30 du matin sur les bords de la Loire, des policiers se sont rendus pour mettre fin à la soirée. Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes: l'une pour des violences contre les policiers, l'autre sur la charge controversée des forces de l'ordre.

Désormais, une partie de la classe politique prend à son compte les inquiétudes sur le sujet. Ce vendredi, c'est la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, qui a adressé une lettre au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, avant de la transmettre à l'AFP: 

"De nombreuses questions restent sans réponse concernant une opération policière qui s’est tenue dans notre ville. Il doit désormais y être apporté, sans délai, des explications précises et publiques."

Demande de commission d'enquête

Au Parlement, plusieurs élus de gauche, de La France insoumise au PS, demandent des comptes à l'exécutif. Pendant une séance de questions au gouvernement, la sénatrice Europe Écologie-Les Verts Esther Benbassa a interpellé le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Ma question est simple, Monsieur le secrétaire d’État: où est Steve?", a-t-elle répété.

Dans un communiqué publié ce vendredi, les députés du groupe La France insoumise annoncent, de leur côté, vouloir déposer "une proposition de résolution demandant l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur les opérations de dispersion".

Une démarche similaire pourrait voir le jour au Sénat à la rentrée. Le président du groupe socialiste au palais du Luxembourg, Patrick Kanner, a annoncé auprès du Figaro qu'un "débat de contrôle sur le recul de l'État de droit en France" sera exigé en octobre. 

"Où est la responsabilité de l'État?"

Dans une tribune publiée dans Libération et intitulée "La brutalité, bruit de fond du macronisme", les députés insoumis se posent plusieurs questions:

"Où est la responsabilité de l’État, quand celui-ci assure par la voix du préfet que l’intervention policière fut proportionnée? Où est la compassion pour les victimes, quand les organisateurs d’un rassemblement de solidarité se voient mis en garde contre 'les rassemblements festifs à caractère musical non autorisés'?"

Et les parlementaires LFI d'écrire que "Steve est devenu malgré lui le visage d'une démocratie compromise, diminuée par un recours incessant à la violence".

Plainte collective déposée

Dans plusieurs vidéos publiées sur leur compte Twitter, de nombreux insoumis, dont Jean-Luc Mélenchon, font face à la caméra, arborant une pancarte "Où est Steve?", tandis que défilent en fond sonore les enregistrements de l’intervention de police pendant la nuit du 21 juin.

Deux semaines après la disparition du jeune homme, le 3 juillet, une plainte collective pour "mise en danger de la vie d'autrui et violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" a été déposée. 

Interrogé par BFMTV sur le sujet ce vendredi, Christophe Castaner a voulu se montrer serein. "Je fais toute confiance à la justice et évidemment le ministère de l'Intérieur, ses femmes, ses hommes, sont à l'entière disposition du ministère de la Justice pour que nous allions vite". 

Le ministre de l'Intérieur assure faire en sorte qu'"en même temps", les recherches soient "du meilleur niveau":

"Hier encore, il y avait une opération de police judiciaire à Nantes pour travailler sur cette enquête", fait-il valoir, rappelant que plusieurs enquêtes sont en cours, dont une "déclenchée par (lui-même), avant même d'ailleurs que nous n'apprenions la disparition de ce jeune homme, sur les conditions dans lesquelles l'opération et l'intervention policières ont eu lieu".
Jules Pecnard