BFMTV

Le PS s'est-il réconcilié en votant la loi sur le dialogue social?

L'Assemblée nationale (photo d'illustration).

L'Assemblée nationale (photo d'illustration). - BFMTV

C'est assez inédit pour être souligné: la quasi-intégralité des députés du Parti socialiste, à l'exception de l'ancienne ministre Delphine Batho, a voté pour le projet de loi sur le dialogue social ce mardi. "Un encouragement" pour le gouvernement, de l'aveu même d'un frondeur socialiste. Explications.

L'Assemblée nationale a adopté ce mardi en première lecture le projet de loi sur le dialogue social, un texte de simplification des règles sur lequel la majorité de gauche a mis sa marque, au grand dam du patronat. Mais au-delà de ça, et c'est assez rare pour être souligné, ce projet a été adopté par la quasi-intégralité du Parti socialiste (PS). A quelques jours du Congrès de Poitiers, la "fronde" est-elle derrière le parti au pouvoir?

Le texte, qui sera examiné par le Sénat dès le 22 juin, a rassemblé 301 voix pour (socialistes, radicaux de gauche et près de la moitié des écologistes) contre 238 (Les Républicains, UDI et Front de gauche) et 13 abstentions, dont l'autre moitié des écologistes et l'ancienne ministre PS Delphine Batho.

Un projet soutenu dans son ensemble par les frondeurs

Signe de la détente qui anime actuellement les socialistes de tous bords, le texte, jugé initialement timide par les frondeurs du PS, a constamment été en enrichi. Ainsi, le projet de loi n'a eu de cesse de grossir au Palais Bourbon, souvent à l'initiative du gouvernement, avec la suppression du caractère obligatoire du CV anonyme et une simplification de la mise en place du compte pénibilité - deux points qui font débat à gauche.

En outre, un premier pas a été fait vers la reconnaissance du burn-out (épuisement professionnel): les maladies psychiques pourront dans certains cas être reconnues comme maladies professionnelles. Pour aller plus loin, le PS a proposé de "travailler à une proposition concrète", qui pourrait être portée par le député Benoît Hamon, figure de l'aile gauche du parti et ancien ministre de l'Education nationale, dont des amendements avaient été jugés irrecevables. Tout un symbole.

"Un encouragement" au gouvernement

Ce n'est pas une position "motionnelle" à quelques jours du congrès du PS, selon l'un d'eux, mais plutôt "un encouragement" au gouvernement, qui a annoncé lundi une rallonge de 100.000 contrats aidés.

Il y a revanche encore du travail pour obtenir une totale réconciliation avec les écologistes. Si une moitié des députés Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) (8 dont leurs coprésidents) estime aussi que le texte a évolué "dans le bon sens", l'autre moitié (9 dont Cécile Duflot) s'est abstenue, insatisfaite des réponses sur l'égalité femmes-hommes et sur des garanties au regroupement des instances. 

Jé. M. avec AFP