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Jacques Bompard propose une loi sur le "grand remplacement"

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Le député de la Ligue du sud Jacques Bompard a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi sur la "lutte contre le grand remplacement". Il s'en prend à l'immigration qui, selon lui, menacerait "la paix civile".

"Grand remplacement". Le mot fait déjà débat au sein du Front national. Marine Le Pen s'est montrée mal à l'aise avec ce concept lancé par l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus, qui a théorisé l'idée qu'avec l'immigration, des populations aujourd'hui minoritaires deviendraient majoritaires en France. Député du Vaucluse, Jacques Bompard n'a pas hésité à réutiliser ce concept pour en faire une proposition de loi attaquant frontalement l'immigration et suggérant de "lutter contre le grand remplacement".

Dans son texte, l'élu à la droite de la droite fait un lien entre l'immigration et les récents événements tragiques survenus en France. "Il est temps de cesser de se voiler la face: il y a en France un grave problème avec l’immigration", insiste-t-il. Pour lui, "l’immigration massive a abouti à une situation explosive et dangereuse pour la paix civile et l’avenir de la France". Résultat, il fait entrer la théorie de "grand remplacement" dans une proposition de loi où il considère qu'il s'agit d'une théorie "incontestable", que "beaucoup de responsables politiques minimisent, voire nient en public". Il propose donc de "réformer les réglementations européennes relatives à l’immigration", avec "un meilleur contrôle aux frontières de l’espace Schengen" et la réduction des flux migratoires.

Mais cette théorie est plus que contestée. Lancée en 2010 par Renaud Camus dans L'Abécédaire de L'In-nocence, elle a été théorisée dans un ouvrage publié en 2013, titré Non au changement de peuple et de civilisation. Si Jean-Marie Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen n'ont pas caché être en phase avec cette théorie, Marine Le Pen a parlé de son côté de "complotisme". Alors que l'immigration, dans un sens statistique élargi aux descendants des migrants, représente 6,7 millions de personnes en France, soit moins de 5% de la population française, et que l'apport économique de l'immigration a été plusieurs fois discuté, cette idée gagne également la droite plus traditionnelle. Charles Beigbeder, élu parisien, a publié une tribune en 2013 en reprenant ce principe. 

Mardi, sur BFMTV, Marion Maréchal-Le Pen avait approuvé cette théorie, parlant de sa crainte de "voir disparaître le peuple français". "Il y a aujourd'hui un effet de substitution sur certaines parties du territoire de ce qu'on appelle les Français de souche par une population nouvellement immigrée", considérait-elle. 

I.V.