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Harcèlement à l'Assemblée: une cellule d'écoute créée "dans les meilleurs délais"

Le drapeau français flotte au-dessus de l'Assemblée nationale, le 25 mars 2019 à Paris.

Le drapeau français flotte au-dessus de l'Assemblée nationale, le 25 mars 2019 à Paris. - Kenzo Tribouillard - AFP

L'intersyndicale des collaborateurs parlementaires avait réclamé la semaine dernière une réunion d'urgence sur le harcèlement moral et sexuel.

Le président de l'Assemblée Richard Ferrand, qui a maintenu son agenda après sa mise en examen pour "prise illégale d'intérêts", a reçu ce jeudi les syndicats de collaborateurs parlementaires, les assurant qu'une cellule d'écoute anti-harcèlement serait opérationnelle "dans les meilleurs délais".

De son côté, l'intersyndicale des collaborateurs a fait part dans un communiqué de "diverses interrogations" sur cette future cellule, et affirmé que "de nombreux députés-employeurs ne se conforment pas aux règles communes du droit du travail". Des actions de sensibilisation seront mises en oeuvre auprès de l'ensemble des personnes travaillant à l'Assemblée, a promis Richard Ferrand. 

L'intersyndicale avait réclamé la semaine dernière une réunion d'urgence sur le harcèlement moral et sexuel après des révélations de presse sur une enquête préliminaire concernant un député LaREM, Pierre Cabaré. Celui-ci a de son côté annoncé porter plainte notamment pour "dénonciation calomnieuse". 

"Le point sur les dispositifs existants et les mesures mises en place" bientôt

La rencontre "a permis de faire le point sur les dispositifs existants, les mesures qui seront mises en place dans les prochaines semaines et les autres pistes à envisager", indique un communiqué de la présidence. Richard Ferrand a déclaré sur Twitter leur avoir présenté "l'installation d'un dispositif pérenne d'accueil et de soutien pour prévenir et lutter contre toutes les formes de harcèlement".

Voté au printemps par les députés, ce dispositif sera présenté "lors de la prochaine réunion du Bureau de l'Assemblée, le 9 octobre" et la plus haute instance collégiale de l'Assemblée arrêtera "les modalités de la mise en oeuvre de cette 'cellule' (rôle, missions, composition, moyens) qui devra être opérationnelle dans les meilleurs délais", poursuit la présidence.

"Aucun lien organique prévue avec l'inspection du travail ou le procureur"

L'intersyndicale CFE-CGC, CFTC, CGT, CFDT, SNCP-FO, Solidaires, Unsa, qui avait déjà alerté par le passé sur la problématique du harcèlement, s'interroge encore sur "les modes de saisine" et "la possibilité d'associer des représentants des différentes catégories d'usagers de l'Assemblée (députés, fonctionnaires, collaborateurs, contractuels)". 

En outre, "aucun lien organique n'est actuellement prévu avec l'inspection du travail ou le procureur de la République", déplore-t-elle. L'intersyndicale, qui rencontrait pour la première fois le président de l'Assemblée sous cette législature, avait aussi réclamé des rendez-vous aux huit présidents des groupes politiques. Ils ont été reçus lundi par un représentant du groupe LaREM et jeudi par Valérie Rabault (PS).

L.A. avec AFP