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En pleine interdiction des emplois familiaux, le statut réservé à Brigitte Macron agace les députés

Brigitte Macron, le 14 juillet 2017.

Brigitte Macron, le 14 juillet 2017. - Christophe Archambault - AFP

A l'heure où les emplois familiaux doivent être interdits à l'Assemblée nationale, le futur statut particulier préparé pour Brigitte Macron énerve de nombreux députés.

Une place à part, qui agace les députés. Alors que le recours aux emplois familiaux sera bientôt interdit à l'Assemblée nationale, l'une des mesures-phares du projet de loi de moralisation de la vie politique, plusieurs députés, de droite comme de gauche, dénoncent une incohérence de la part de l'exécutif, qui se prépare à mettre en place un statut spécial pour Brigitte Macron, l'épouse du président de la République. 

Une charte pour codifier le rôle de la Première dame est ainsi en préparation à l'Elysée, alors que le candidat Emmanuel Macron s'était dit, lors de sa campagne, favorable à un "statut de la première dame ou du premier homme", pour rompre avec le flou courant jusqu'alors. Très populaire, Brigitte Macron, qui reçoit de 200 à 250 lettres par jour, est donc vouée à devenir une collaboratrice, avec une équipe d'assistants qui lui seraient dédiés. Mais aussi un budget propre. 

Agacement chez les députés

Mais au sein de l'hémicycle, plusieurs députés s'agacent de ce futur statut à venir, à l'heure où les emplois familiaux seront bientôt interdits à l'Assemblée nationale, relève Le Figaro. "Au même moment où il fait interdire les 'emplois familiaux' au Parlement... faites ce que je dis mais pas ce que je fais!" a ainsi tweeté lundi l'ancien député Les Républicains Thierry Mariani, en relayant une information au sujet du futur statut de Brigitte Macron.

A gauche aussi, le "deux poids-deux mesures" de l'exécutif agace. Mardi matin, sur Sud Radio et Public Sénat, le député socialiste du Val-de-Marne Luc Carnouvas a fait remarquer que "dans l'histoire des couples présidentiels, les premières dames ont toujours eu des activités bénévoles". "Je ne vois pas pourquoi la femme du chef de l'État aurait un budget sur de l'argent public. On est en train de nous dire qu'il faut recruter des centaines d'administrateurs à l'Assemblée pour contrôler tous nos tickets de caisse, et on va allouer un budget à la femme du chef de l'État, je ne suis pas d'accord", a-t-il fustigé.

"Brigitte Macron serait donc une collaboratrice. Pourtant on va interdire aux députés d'employer leur famille non?", a interrogé pour sa part le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel.

Selon le Figaro, Brigitte Macron dispose à l'heure actuelle d'une équipe de deux à trois collaborateurs, ainsi que de deux secrétaires et deux agents de sécurité. 

Dans les faits, le futur rôle de la Première dame française pourra s'apparenter à celui occupé pendant huit ans par Michelle Obama. Là où la First lady s'était engagée dans un combat contre l'obésité, donnant à plusieurs reprises de sa personne, la première dame française a déjà indiqué sa volonté de travailler sur les questions d'éducation et de handicap.

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A.S.