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Coronavirus: les députés LR créeront à l'automne une commission d'enquête

Damien Abad à Paris, le 5 juillet 2017

Damien Abad à Paris, le 5 juillet 2017 - Geoffroy Van Der Hasselt / AFP

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Damien Abad, déclare vouloir identifier "tirer toutes les leçons de l'épidémie" de Covid-19. Et éventuellement déceler des "dysfonctionnements" dans la réponse fournie par l'État.

Les députés Les Républicains vont créer à l'automne une commission d'enquête parlementaire afin de "tirer toutes les leçons de l’épidémie" de coronavirus. C'est leur président, le député de l'Ain Damien Abad, qui l'a indiqué dans un entretien au Journal du Dimanche. De son côté, le gouvernement se dit prêt à y répondre.

Les sénateurs LR prévoient également une telle commission d'enquête à la Chambre haute, "quand le moment sera venu", a précisé leur chef de file Bruno Retailleau dans Questions politiques sur France Info ce dimanche.

"Normal" de répondre aux questions, répond Fesneau

Le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau s'est montré ouvert sur France 3, jugeant "très sain en démocratie" que de telles commissions d'enquête soient mises en place.

"Tout le monde devra répondre aux questions et aux légitimes interrogations. Elles sont nombreuses, à la fois sur l'organisation de notre système économique, notre système sanitaire...Ce sera normal que devant les Français on réponde à ces questions", a-t-il ajouté.

Rachid Temal, vice-président du groupe socialiste au Sénat, a approuvé dans un tweet: "Oui, il faudra tirer les conclusions le moment venu pour mieux préparer notre pays. Être un responsable politique c’est aussi tirer les enseignements et prendre des décisions utiles à l’intérêt général. En attendant unis pour juguler le Covid-19".

"Identifier les défaillances et dysfonctionnements"

Damien Abad assure que "l’objectif n’est pas de distribuer des bons ou mauvais points au gouvernement, mais d'identifier les éventuels défaillances et dysfonctionnements pour les corriger et en tirer des leçons".

"Trois sujets cristallisent les inquiétudes des Français: la pénurie de masques, la doctrine de tests de dépistage, et les capacités en termes de lits de nos services de réanimation", souligne le patron du groupe LR à l'Assemblée nationale.

Interrogé sur la responsabilité de la droite quant elle était au pouvoir, notamment sur les stocks de masques de protection, Bruno Retailleau, élu de Vendée, a balayé:

"Je me fiche de cette question. Ma responsabilité est d'alimenter partout sur notre territoire les hôpitaux, les médecins traitants, en masques."

Abandonner les "politiques de coupes budgétaires"

Damien Abad estime qu'"il faudra repenser tout notre logiciel politique" après la crise et que "les politiques de coupes budgétaires en matière de santé publique doivent être abandonnées".

Pourquoi attendre cet automne pour une commission d'enquête? "Nous devons concentrer nos forces aujourd’hui sur la gestion de cette crise, et préserver l'unité nationale dans un esprit de responsabilité", répond-il, en affirmant que "contrairement à Mme Le Pen ou Mélenchon, nous ne sommes pas des pompiers pyromanes, mais une opposition responsable".

Pour sa part, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a estimé sur Radio J que l'institution "devra se saisir de manière pluraliste - ça n'appartient pas à un groupe quel qu'il soit - de l'ensemble des dispositifs mis en oeuvre" face au coronavirus, "lorsque nous aurons gagné cette guerre".

Mardi doit être actée la mission d'information du Palais-Bourbon déjà annoncée "sur l’impact, la gestion, et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie". Elle sera lancée "après l'état d'urgence sanitaire", a-t-il précisé.
Jules Pecnard avec AFP