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Myriam El Khomri "refuse de faire planer la menace" d'un 49-3 sur la Loi Travail

C'est aujourd'hui que commencent les débats parlementaires sur le projet de Loi Travail.

C'est aujourd'hui que commencent les débats parlementaires sur le projet de Loi Travail. - AFP

Les débats commencent aujourd'hui à l'Assemblée, et rien n'est gagné pour la ministre du Travail. Pour autant, Myriam El Khomri compte convaincre les parlementaires sans leur forcer la main.

La Loi Travail passera-t-elle l'épreuve de l'Assemblée nationale? Alors qu'une quarantaine de voix manquent au PS pour obtenir une majorité, la ministre du Travail Myriam El Khomri est revenue dans les colonnes du Parisien sur les débats qui s'ouvrent aujourd'hui au Palais Bourbon. 

Pas de 49-3 en prévision

D'emblée Myriam El Khomri tente d'apaiser les tensions autour d'un projet de loi qui attise depuis longtemps la colère de la rue. A propos de l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution, qui permet au gouvernement de faire passer un projet de loi à la simple condition qu'aucune motion de censure ne soit votée contre lui, la ministre tempère. 

"Je veux parler du texte et non pas du contexte, pour sortir des postures, des slogans. Nous avons déjà fait largement évoluer ce projet de loi. La Constitution prévoit cet outil. Mais je refuse de faire planer la menace" explique Myriam El Khomri. 

Une solution qui semblait pourtant arranger certains députés PS, qui désirent voir passer la loi... mais sans la voter. Des des propos rapportés par Le Point, l'un d'eux expliquait le 2 mai : 

"En fait, on ne veut pas dire qu'on la soutient parce que cela nous arrange que le gouvernement passe au 49.3, souligne un député PS. On n'a aucune envie d'assumer ce texte. On pense déjà à nos législatives. Si elle passe au 49.3, on pourra dire à nos électeurs que, nous, députés de base, on ne l'a pas votée". 

Une solution que Manuel Valls semble vouloir écarter lui aussi. Le risque est en effet important pour le gouvernement: si une motion de censure était soumise au vote bientôt, l'équipe du Premier ministre serait loin d'obtenir une majorité aisée à l'Assemblée. 

Ne pas céder à la rue 

Forcée de composer avec les frondeurs du PS, Myriam El Khomri doit aussi gérer la mobilisation populaire. Depuis la présentation de ce projet de loi, les manifestations se sont multipliées un peu partout en France, forçant le gouvernement à modifier la loi pour apaiser les tensions. Pour autant, la ministre du Travail refuse d'y voir une reculade. 

"L'heure du Parlement est venue et permettra d'enrichir ce texte, déclare Myriam El Khomri. Faut-il céder à la rue et retirer le texte? Non." 

A propos des manifestations parfois violentes contre le projet, Myriam El Khomri établit d'ailleurs une distinction entre les opposants à sa loi et ceux qu'elle appelle les "casseurs". "Les manifestants font usage d'un droit, les casseurs veulent renverser les institutions" selon la ministre. 

Paul Aveline