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Loi Travail: il manque 40 voix pour un vote à l'Assemblée Nationale

Selon le rapporter de la loi, le projet de loi ne passerait pas l'épreuve de l'Assemblée.

Selon le rapporter de la loi, le projet de loi ne passerait pas l'épreuve de l'Assemblée. - Philippe Desmazes - AFP

Selon le rapporteur du projet de Loi Travail, 40 députés manquent à l'appel pour faire passer le texte de Myriam El Khomri. Parmi les voix manquantes, celles des frondeurs du PS.

La bataille parlementaire s'annonce féroce. Dans un entretien au Parisien, Christophe Sirugue, député PS et rapporteur du projet de Loi Travail de Myriam El Khomri s'inquiète des défections dans les rangs du PS. Selon lui, une quarantaine de voix manquent pour assurer au gouvernement une majorité à l'Assemblée.

Les frondeurs en première ligne

"Il y a des opposants historiques à l'intérieur du groupe PS, qui sont la vingtaine de frondeurs. Depuis plusieurs années, ils ne votent plus les textes du gouvernement", explique Christophe Sirugue.

Parmi eux, même si leur nom n'est pas cité, on retrouve Aurélie Filipetti, Benoît Hamon ou encore Pouria Amirshahi qui a quitté le PS après de nombreux désaccords avec la direction du parti. Conscient que ces votes sont perdus d'avance, Christophe Sirugue compte s'appuyer sur les indécis, qu'il appelle les opposants "de bonne foi".

"Ceux-là ont des interrogations sur plusieurs points du texte comme le périmètre des licenciements et le risque inhérent aux accord d'entreprise. A défaut d'une clarification ou d'une modification du texte, (ils) pourraient être sur un vote négatif ou rejoindre le camp des abstentionnistes".

La "position scandaleuse" du Medef

Les socialistes frondeurs ne sont pas les seuls à mener la charge contre le projet de loi. Pour de toutes autres raisons, Pierre Gattaz et le Medef ont eux aussi annoncé qu'ils s'opposeraient au projet de loi si un texte trop édulcoré était présenté au vote des députés. Une "position scandaleuse" pour Christophe Sirugue.

"Pierre Gattaz ne doit pas oublier qu'il y a encore une part des 40 milliards du CICE qui doit être discutée lors du débat budgétaire de l'automne. S'il veut faire dans la menace, certains députés de la majorité useront des mêmes arguments pour reconditionner les 17 milliards restant à des contreparties en terme d'emploi", prévient Christophe Sirugue.

Lors d'un voyage officiel en Australie, le Premier ministre Manuel Valls a évoqué le sujet lors d'une conférence de presse avec son homologue. "Je serai à l'Assemblée nationale demain. La loi sur le travail est bonne pour les salariés et les entreprises". 

Paul Aveline