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"Mesures de freinage massives", "freiner sans enfermer": ni Castex, ni Véran n'ont utilisé le mot "confinement"

Le Premier ministre et le ministre de la Santé n'ont pas eu recours au mot "confinement" pour qualifier les nouvelles mesures sanitaires appliqués à compter de ce vendredi minuit dans seize départements.

Une mesure qui ne dit pas son nom. Lors de la conférence qui s'est tenue jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex et son ministre de la Santé Olivier Véran ont pris grand soin de ne pas prononcer le mot "confinement" pour décrire les nouvelles restrictions sanitaires, applicables dès ce vendredi à minuit dans seize départements.

"Nous nous tournons davantage vers l'extérieur"

Interrogé à l'issue du point sur la situation sanitaire, le ministre a confié ne pas savoir "quel nom il faut donner" à ces mesures supplémentaires.

"Il y a une différence qui est notable: nous nous tournons davantage vers l'extérieur [...] de pouvoir conserver la possibilité de sortir sans limite de durée, et la saison va bientôt pouvoir s'y prêter", a précisé Olivier Véran s'appuyant sur des études attestant que les risques de contamination sont moindres à l'extérieur.

Ce troisième confinement - ou "troisième voie" selon le gouvernement - pour les départements concernés doit en effet favoriser les sorties: il sera en effet possible de sortir de chez soi pour se promener, s'aérer ou faire du sport sans limitation de durée mais dans un rayon toutefois limité à 10 kilomètres autour de son domicile.

"Freiner sans enfermer"

Reste que les déplacements inter-régionaux sont interdits "sauf motifs impérieux ou professionnels" et qu'en ce qui concerne les lieux clos, seuls les commerces de premières nécessités seront autorisés à ouvrir au cours des quatre prochaines semaines.

"Dans l'exécutif depuis hier on tourne autour du pot en expliquant que ce n'est pas 'confiner' mais 'freiner sans enfermer'. Mais les Français ont bien compris que c'est un confinement, certes plus souple [...] certes territorialisé mais c'est un confinement", décrypte Philippe Corbé, chef du service politique de BFMTV.

Il y a un an, presque jour pour jour, c'est Emmanuel Macron qui annonçait que les déplacements seraient "très fortement réduits" sur tout le territoire national en raison de l'épidémie tout en prenant déjà soin de ne pas employer le terme "confinement".

Hugues Garnier Journaliste BFMTV