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Martinez: "Interdire de manifester dans ce pays, c’est remettre en cause la démocratie"

Philippe Martinez sur France 2, le 15 juin 2016.

Philippe Martinez sur France 2, le 15 juin 2016. - Capture d'écran

Le numéro un de la CGT a dénoncé, ce mercredi soir, la menace d'interdiction des manifestations brandie en début de journée par François Hollande. Une mesure qui, selon lui, "remet en cause la démocratie".

Une pique directe à François Hollande. Invité ce mercredi soir du 20 heures de France 2, le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, est revenu sur les violences qui ont émaillé la manifestation contre la loi Travail organisée mardi à Paris, mais aussi sur la menace d'interdiction des manifestations, agitée ce mercredi matin par le président de la République. 

Les attaques contre l'hôpital Necker sont "scandaleuses"

"Nous avons condamné les attaques contre l’hôpital Necker, qui sont absolument scandaleuses", a déclaré Philippe Martinez. "Nous ne portons aucune responsabilité sur ce qui se passe en marge des manifestations. Le Premier ministre a laissé entendre qu’il y aurait complicité entre le service d’ordre de la CGT et les casseurs. Il n’y a aucune relation entre ce que font les casseurs et les manifestants", s'est défendu le leader de la CGT.

En marge de la manifestation qui se tenait mardi à Paris, des casseurs ont pris pour cible l'hôpital Necker, un centre hospitalier pour enfants situé dans le 15e arrondissement de Paris, sur le parcours du cortège. Cagoulés et vêtus de noir, munis de barre de fer ou de masse, des casseurs ont brisé les vitres du rez-de-chaussée du bâtiment.

"Le gouvernement veut brouiller les pistes"

Réagissant à la menace d'interdiction des manifestations, brandie ce mercredi par François Hollande, Philippe Martinez a estimé qu'"interdire de manifester dans ce pays, c’est remettre en cause la démocratie". Ce mercredi matin, le chef de l'Etat a averti qu'il n'y aurait plus "d'autorisation de manifester" si la préservation des "biens et des personnes" ne pouvait être "garantie", dans un contexte "où la France accueille l'Euro" et "où elle fait face au terrorisme".

Et le syndicaliste de dénoncer l'attitude du gouvernement. "Le gouvernement veut brouiller les pistes, il y a un problème depuis plus de trois mois et demi autour d’une loi, et on essaye de détourner l’attention en stigmatisant une organisation syndicale, alors que nous sommes 7 à organiser les manifestation. C'est une façon de ne pas répondre à la contestation et au problème", s'est défendu Philippe Martinez, assurant que les prochaines manifestations prévues - dont celle du 28 juin - ne sont pour l'heure pas interdites.

"Aujourd’hui, le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Il y a un grave problème dans ce pays, y compris avec les événements dramatiques qui viennent de se passer. Nous pensons qu’il y a besoin que le gouvernement suspende le débat parlementaire sur la loi Travail, de façon à ce que l’ordre et la sérénité reviennent et que l’on puisse discuter tranquillement", a-t-il conclu, contestant tout essoufflement du mouvement. 

Adrienne Sigel