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Les vacances des députés menacent la loi de moralisation

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Photo d'illustration - JOEL SAGET / AFP

Les nombreux députés déjà partis en vacances pourraient compromettre le vote de la loi organique sur la moralisation de la vie publique, qui nécessite la majorité absolue à l'Assemblée.

La République en marche (LREM) devra battre le rappel à l'Assemblée pour partir en vacances l'esprit tranquille. Prévu mercredi, le vote définitif de la loi pour la confiance dans la vie politique porte sur une loi organique. Charme du droit constitutionnel français, l'adoption d'une telle norme (prévue par l'article 46 de la Constitution) ne peut avoir lieu qu'à la majorité absolue, soit 289 députés sur 577. Problème: exténués par une année de campagne et une session parlementaire à rallonge, de nombreux députés ont déjà gagné leurs lieux de villégiatures.

"J'ai déjà dit tout ce que j'avais à dire sur cette loi. Franchement, je ne vois pas l'intérêt de revenir mercredi pour la voter", assume notamment Eric Woerth dans Le Parisien. Il séchera donc la séance de mercredi.

Session à rallonge

Le centriste Jean-Christophe Lagarde, qui ne fera pas le déplacement lui non plus, est exaspéré:

"Si le vote a été décalé, c'est à cause d'un cafouillage de la République en marche! On aurait pu attendre la rentrée pour le voter, mais non, le gouvernement veut faire une opération de com' avec ce texte bidon en plein mois d'août."

Si la session extraordinaire de l'Assemblée a bien été allongée du 2 au 9 août, le mérite n'en revient pas uniquement à La République en marche, les oppositions de tous bord ayant participé à plein au débat, parfois à la limite de la guérilla parlementaire.

Décomptes et procurations

Même s'ils se disent "claqués" par les débats de l'Assemblée, les Insoumis devraient être quasiment au complet au palais Bourbon, mais ont déjà annoncé leur intention de s'abstenir sur le texte. Les rangs des Républicains devraient quant à eux êtres clairsemés, bien que le patron du groupe LR Christian Jacob a déjà programmé de revenir à Paris pour le vote définitif.

Les équipes de la présidence du groupe LREM ont procédé, dès mardi dernier, à un comptage des élus présents, afin de parer à toute éventualité. Le vice-président du groupe Gilles Le Gendre explique donc dans Le Parisien:

"On s'est assurés que tous ceux qui ne seraient pas là laisseraient bien leur délégation. Nous n'avons aucune inquiétude."

Après une séquence de flottement au sein de la majorité, Richard Ferrand compte en effet que le vote se déroulera sans accroc. 

Louis Nadau