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Les trains rouleront-ils à Noël? "Il faut le demander au Premier ministre", répond Philippe Martinez

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est intervenu ce dimanche soir dans notre émission Et en même temps.

C'est l'une des questions qui reviennent le plus souvent dans l'opinion. Tandis que le mouvement de grève contre la réforme des retraites s'installe dans la durée, et que les transports s'en trouvent largement perturbés, le trafic ferroviaire reprendra-t-il à l'approche des vacances de Noël? Invité ce dimanche soir de notre émission Et en même temps, animée par notre journaliste Apolline de Malherbe et les éditorialistes Eugénie Bastié et Nicolas Domenach, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, premier syndicat parmi le personnel de la SNCF, a livré sa réponse: "Je ne peux pas vous le dire. Il faut le demander au président de la République et au Premier ministre".

"Après 11 jours de grève, les discussions ne sont plus les mêmes"

"Soit le gouvernement retire son texte et on discute soit les grévistes décideront de ce qu’ils auront à faire", a-t-il posé plus tard, avant d'ajouter: "Les syndicalistes CGT font aussi Noël en famille. Ce n’est pas les uns contre les autres." Il a résumé la position de la CGT: "C’est pas ‘retrait ou rien’. C’est ‘retrait et amélioration de la situation actuelle’."

Et l'idée de conclure une trêve pendant les fêtes ne lui semble pas envisageable.

"Au bout de onze jours de grève les discussions ne sont pas les mêmes. Les salariés disent : ‘On n’a pas perdu onze jours de salaire pour rien !’ Et le gouvernement n’a pas bougé, il continue à mettre la pression sur les grévistes", a-t-il fait valoir. 

"Edouard Philippe a dû oublier de me dire que sa porte était ouverte"

Il a eu l'occasion de le dire à Edouard Philippe lors d'un appel téléphonique jeudi dernier en fin d'après-midi. "Il voulait savoir où en était la situation sociale et je lui ai dit que quand on en est à 11 jours de grève, et jeudi à huit, on passe du mécontentement à la colère voire à la hargne. Et plus la hargne est grande, plus la discussion devient compliquée." "Je lui ai dit que pour régler la situation c’était simple il fallait ranger le texte tel qu’ils l’ont conçu, seuls", a-t-il avancé. Il a ironiquement déploré un oubli du Premier ministre lors de leur conversation, en forme de clin d'œil en direction d'un élément de langage du gouvernement: "Il ne m’a pas dit que 'sa porte était ouverte', il a dû oublier."

Philippe Martinez s'est dit optimiste quant à l'issue de la mobilisation et à la possibilité d'obtenir le retrait du projet du gouvernement: "D’autres ont retiré leur projet avant lui, dont une référence pour Edouard Philippe." Il évoquait le recul du gouvernement d'Alain Juppé, mentor de l'actuel Premier ministre, en 1995 devant un mouvement social s'opposant à son plan pour réformer le système de retraites et la Sécurité sociale. 

Robin Verner