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Wauquiez installe une crèche de Noël géante et relance la polémique

C'est une nouvelle controverse pour les crèches de Noël. Laurent Wauquiez, président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, a installé mercredi une crèche géante de 14m2 dans le hall d'entrée de l'hôtel de région. L'opposition est furieuse et dénonce "une énième provocation".

Une nouvelle crèche de la discorde. Celle-ci est géante: une centaine de santons en terre cuite, pour une superficie totale de 14m2. Une immense crèche de Noël a été installée mercredi dans le hall d'entrée du siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes. C'est la première fois qu'une telle installation voit le jour à cet endroit.

"Au nom de quoi va-t-on s'excuser de nos traditions?"

Selon Laurent Wauquiez, le président LR du conseil régional -qui avait annoncé son intention lors d'un meeting de Nicolas Sarkozy lors de la primaire à droite- elle ne pose aucun problème: cette crèche respecte le cadre laïc fixé par le Conseil d'État. Les sages ont estimé au mois de novembre dans un arrêt que "dans les bâtiments publics, sièges d'une collectivité publique ou d'un service public, une crèche de noël ne peut pas être installée, sauf si des circonstances particulières montrent que cette installation présente un caractère culturel, artistique ou festif".

"Le Conseil d'État a lui-même indiqué qu'on avait parfaitement la possibilité dès lors que c'était dans une dimension culturelle, ce qui est notre cas, dans une dimension historique, ce qui est notre cas, en plongeant dans les racines de notre région, ce qui est notre cas. Au nom de quoi est-ce qu'on va s'excuser de nos traditions?" s'est indigné Laurent Wauquiez.

"Une énième provocation de Laurent Wauquiez"

L'opposition est en colère. Elle n'exclut pas une action devant la justice pour faire retirer cette crèche. Les élus du PRG dénoncent "un caprice en même temps qu'une provocation à la laïcité et à la loi de 1905". Les élus socialistes, regrettent également "une énième provocation de Laurent Wauquiez". 

"Une nouvelle fois, il se met dans la situation de flatter l'électorat le plus conservateur et le plus réactionnaire, la droite de la droite, dénonce Jean-François Debat, président du groupe PS à la région, pour Le Point. Cette crèche n'a rien à faire là, il n'y a aucune tradition qui justifie sa présence ici (...). Si Laurent Wauquiez veut valoriser les santonniers, il n'a qu'à faire une exposition de santons, mais pas une crèche."

Le FN demande la mise en place d'une crèche

En Provence-Alpes-Côte d'Azur aussi les santons de Noël sont au cœur d'une polémique. Le Front national a déposé mercredi une motion pour demander l'installation d'une crèche dans les locaux de l'hôtel de région, au nom de l'intérêt culturel.

"On est clairement dans la tradition, on est clairement dans le culturel, assure Franck Allisio, conseiller régional FN en PACA, pour BFMTV. Il se trouve que dans sa culture et dans ses traditions, la France a des racines chrétiennes. Eh bien on ne va pas s'excuser d'avoir des racines chrétiennes."

Hénin-Beaumont "a méconnu le principe de neutralité"

Mais pour le conseil régional, on se défend. Il n'y a aucune obligation d'installer une crèche, selon Monique Robineau, conseillère régionale LR. "On n'est pas là "il faut une crèche partout", c'est le libre choix", indique-t-elle à BFMTV. Christian Estrosi, président du conseil régional, a ironisé sur cette motion, se félicitant que Marion Maréchal-Le Pen ait "enfin" une idée.

"Voilà un an, un an quasiment jour pour jour, qu'on attend que madame Le Pen formule, ne serait-ce qu'une proposition: ça y est! Madame Le Pen a enfin une idée: l'installation d'une crèche de Noël à l'Hôtel de Région", a-t-il réagi, ajoutant "n'en déplaise à madame Le Pen, il y a une crèche et un sapin dans les locaux de la région. Comment le saurait-elle puisqu'elle est si rarement présente?"

Début décembre, le tribunal administratif de Lille a refusé l'installation d'une crèche dans la mairie d'Hénin-Beaumont, ville dirigée par le Front national. Selon le juge lillois, cette commune du Pas-de-Calais "a méconnu le principe de neutralité des personnes publiques".

Céline Hussonnois-Alaya