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Débat de la primaire à droite: ce qu'il faut retenir

Le premier débat de la primaire à droite se déroulait ce jeudi 13 octobre.

Le premier débat de la primaire à droite se déroulait ce jeudi 13 octobre. - TF1

Après plus de deux heures de débats, les sept candidats à l'investiture présidentielle de la droite et du centre ont eu l'occasion d'échanger sur l'économie, mais aussi sur les affaires ou les questions de sécurité. On vous propose un récapitulatif en cinq points.

Sept candidats pour un exercice inédit à droite. C'était le programme des deux heures de débat pour la première confrontation télévisée de la primaire de la droite et du centre. Sur TF1, Bruno Le Maire, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Jean-Frédéric Poisson et François Fillon ont tenté de mettre en lumière leurs différences.

On vous résume le débat, en cinq points.

> Les attaques de Copé Fillon et Le Maire contre Sarkozy

Dès les premières minutes du débat, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et François Fillon ont lancé des piques à l'ancien président de la République. "J'avais comme des millions de Français espéré en la rupture que proposait Nicolas Sarkozy (...) cette rupture on ne l'a pas faite", a affirmé le maire de Meaux, d'entrée. "On a gouverné ensemble pendant cinq ans", a répliqué Nicolas Sarkozy intervenant peu après.

Dans la foulée, Bruno Le Maire, a fait une critique plus implicite. "De quinquennat en quinquennat, la France tombe toujours plus bas", a-t-il estimé, renvoyant dos à dos les précédentes présidences de la République. "Si vous voulez que tout continue comme avant, vous avez tout ce qu'il faut sur ce plateau", a-t-il poursuivi.

> Des réponses sur les affaires

Gilles Bouleau, Elizabeth Martichoux et Alexis Brezet ont aussi interrogé les sept candidats sur les affaires judiciaires qui en concernent certains. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont notamment dû justifier leur candidature. "Je tiens mon casier judiciaire à la disposition de Bruno, il est connu" a ironisé l’ancien Premier ministre, en référence à sa condamnation à 14 mois de prison avec sursis dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

"La Cour d’appel a bien voulu dire que je ne m’étais rendu coupable d’aucun enrichissement personnel et que je ne devais pas être le bouc-émissaire d’une responsabilité collective (…). Aujourd’hui les Français ont la décision au bout de leur bulletin de vote. S’ils estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m’éliront pas", a-t-il poursuivi.

De son côté, Nicolas Sarkozy a voulu rappeler qu'il n'a "jamais été condamné". Sur la petite phrase de François Fillon qui avait lancé "Qui imagine de Gaulle mis en examen?", l'ancien chef de l'Etat a glissé que "ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prennent". "Mon casier judiciaire, après 37 ans de vie politique il est vierge, je n'ai jamais été condamné (...). Est-ce que vous croyez vraiment que si j'avais quoi que ce soit à me reprocher, je me lancerais dans cette nouvelle campagne?", a-t-il ajouté.

Bruno Le Maire défend la position d'une "renouveau" de la pratique politique. Dans son programme, il souhaite que tout candidat à une élection rende public son casier judiciaire.

> Un ennemi commun: François Hollande

Si quelque chose rassemble les sept candidats, c'est l'opposition franche à François Hollande. Tous multiplient les attaques contre l'actuel chef de l'Etat. "Je me demande jusqu'où François Hollande va salir et détruire la fonction présidentielle", a jugé Nicolas Sarkozy, en réagissant au livre des journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet "Un président ne devrait pas dire ça", avec de nombreuses confidence du président de la République.

De son côté, François Fillon l'a qualifié de "manipulateur", alors que dans le même livre, l'actuel locataire de l'Elysée affirme que l'ancien Premier ministre a demandé d'accélérer les procédures en cours contre Nicolas Sarkozy. "J'ai honte pour mon pays que le président de la République française se prête à des accusations aussi médiocres", a a poursuivi François Fillon.

Alain Juppé a attaqué François Hollande sur ses pratiques diplomatiques. Le maire de Bordeaux a critiqué le chef de l'Etat sur ses dernières hésitations quant au fait de recevoir, ou non, Vladimir Poutine à Paris. Le président de la République avait expliqué face à une caméra de Quotidien, l'émission de TMC, qu'il hésitait à le recevoir compte tenu des tensions sur le dossier syrien. Alain Juppé a estimé que "l’attitude de Hollande n’est pas digne de la diplomatie française".

> Des différences sur les 35H et la TVA

Dans un débat au sein d'une même famille politique, les différences sur les programmes sont souvent ténues. Résultat: ils doivent rentrer dans les détails pour révéler les divergences. Si tous les candidats ont affiché leur volonté de revenir sur les 35h, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon ont tout de même montré des différences dans la méthode.

Ainsi Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il laisserait les entreprises décider elles-mêmes si elles veulent rester au 35 heures. François Fillon souhaite lui aussi les entreprises "libres de négocier par accord majoritaires". Mais, en revanche, il n'a pas exclu que de payer "moins pour gagner plus".

Sur la fonction publique, il s'est aussi distingué de Nicolas Sarkozy: il a de nouveau indiqué son souhait de faire passer le temps de travail à 39 heures dans la fonction publique. Alain Juppé, de son côté, a "dit faire confiance aux partenaires sociaux dans l'entreprise".

Sur la TVA, Bruno Le Maire et Ncioas Sarkozy sont d'accord pour s'opposer à une hausse de la TVA. Une mesure qu ise trouve dans les programmes d'Alain Juppé et de François Fillon qui ont rappelé leur attachement à cette mesure.

> Qui est le vainqueur? 

Alain Juppé a été jugé, selon notre sondage avec Elabe, sur un panel de téléspectateurs, comme le plus convaincant du débat. Il devance Nicolas Sarkozy et François Fillon, sur les sympathisants de la droite et du centre. Bruno Le Maire arrive lui en quatrième position. 

Ivan Valerio