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Crise à l'UMP : et maintenant ?

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La médiation de l'ancien Premier ministre Alain Juppé, pour trouver une issue à la crise Copé-Fillon qui scinde le parti, a échoué, dimanche soir. Dès lors, que va-t-il se passer au sein de l'UMP ?

Alors que la situation s'enlise de jour en jour et d'heure en heure au sein de l'UMP, plus que jamais divisée, quel pourrait être le scénario de ces prochaines heures ? BFMTV.com fait le point.

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Vers une intervention de la justice ?

Alors qu'Alain Juppé a échoué dans sa mission de médiation pour trouver une issue au conflit Fillon-Copé, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de saisir la justice sur les résultats de l'élection pour la présidence de l'UMP, qu'il conteste depuis une semaine.

Pour François Fillon, Jean-François Copé est le seul responsable de l'échec de la médiation Juppé. "Jean-François Copé a choisi de rejeter les propositions formulées par Alain Juppé. Ces propositions avaient reçu mon entier soutien", a-t-il ainsi écrit dans un communiqué diffusé dimanche soir.

Et d'ajouter : "Soucieux de sortir de l'impasse dans laquelle les coups de force successifs de Jean-François Copé ont plongé notre parti, je saisirai la justice pour rétablir la vérité des résultats et rendre la parole aux militants".

Une décision critiquée

A l'UMP, cette annonce de recours en justice est d'ores-et-déjà critiquée. A commencer par Alain Juppé, qui a estimé lundi matin sur RTL que cela risquerait d'"aggraver la cassure au sein du parti" et "augmenterait les risques d'explosion".

De son côté, Rachida Dati, qui a soutenu Jean-François Copé, affirme "comprendre l'amertume et la déception", "mais on ne peut pas être éternellement jusqu'au-boutiste". Et pour Luc Chatel, lui aussi soutien de Jean-François Copé, le recours à la justice aurait l'effet d'une "bombe nucléaire".

Les résultats de la CNR attendus

La commission nationale des recours de l'UMP, chargée s'examiner les irrégularités de l'élection, a suspendu ses travaux dans la nuit de dimanche à lundi, aux alentours de 00h15 et les a repris lundi matin, à 9 heures.

Dimanche, cette instance interne, "a examiné les 10 premiers griefs qui lui ont été adressés", à savoir ceux déposés par le camp de Jean-François Copé et doit s'atteler aux litiges mis en avant par l'équipe de François Fillon.

Les résultats devraient être prononcés durant la soirée de lundi ou dans la nuit et permettront de confirmer l'élection de Jean-François Copé, ou, au contraire, d'invalider le scrutin.

Un nouveau vote ?

Le député-maire de Meaux l'a réaffirmé au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, lundi matin, il se considère comme "le vainqueur" du vote du 18 novembre pour la présidence de l'UMP. Et pour lui, ce ne serait "pas responsable de revoter". Et ce malgré les fraudes constatées dans plusieurs fédérations.

A ce sujet, Jean-François Copé estime : "Quand il y a des fraudes observées sur une part infime de l'électorat, on ne va pas demander à tout le monde de revoter".

En revanche, d'autres, au sein même de l'UMP, se prononcent pour une nouvelle tenue de l'élection. C'est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a annoncé sur Europe 1, lundi matin, lancer une pétition en ligne, à l'adresse jeveuxrevoter.fr, pour demander à revoter. Selon la député de l'Essonne, l'élection du 18 novembre est "trop douteuse".


NKM "lance une pétition pour revoter" par Europe1fr

Le retour de Sarkozy ?

Depuis dimanche soir, le nom de l'ancien président de la République est sur toutes les lèvres, et cette crise sans fin pourrait bien marquer son retour sur le devant de la scène, après plusieurs mois de silence.

Lundi, Nicolas Sarkozy doit déjeuner avec François Fillon. Un rendez-vous fixé de longue date selon Jean-François Copé, mais au cours duquel la situation du parti devrait largement dominer la conversation.

"Je pensais que l'ancien président de la République devait se protéger de ces querelles partisanes", a déclaré Alain Juppé, au micro de RTL, lundi matin, avant de poursuivre : "Il apparaît clairement qu'il est le seul aujourd'hui à avoir l'autorité suffisante pour proposer éventuellement une sortie que je ne n'aperçois pas, pour ce qui me concerne". "C'est à lui de jouer", a-t-il lancé.


Crise à l'UMP : "C'est à Nicolas Sarkozy de... par rtl-fr

Selon Claude Guéant, il n'est "pas exclu" que Nicolas Sarkozy "fasse un communiqué pour dire qu'il faut mettre un terme" à la guerre des chefs. "Je ne sais pas ce que fera Nicolas Sarkozy", a indiqué l'ancien ministre de l'Intérieur sur Europe 1, lundi matin. "Je doute qu'il plonge dans la mêlée, il a un autre statut que celui d'un organisateur de parti aujourd'hui".

De son côté, Luc Chatel a reconnu que l'ancien président de la République "peut écouter, conseiller les uns les autres". Avant d'affirmer : "nous sommes à un stade où la décision de Nicolas Sarkozy sera la bonne".

Adrienne Sigel