BFMTV

Alliance LR-FN: le débat (encore) relancé

La déclaration de Thierry Mariani, qui appelle de ses vœux une alliance avec le parti de Marine Le Pen, relance le débat sur la question d'un rapprochement entre les deux partis.

Y aura-t-il un jour une alliance entre Les Républicains et le Front national? A un an des élections européennes, l'ancien député et ministre Thierry Mariani l'appelle en tout cas de ses vœux.

"On ne gagne jamais une élection seul (…) Aujourd'hui, on n'a plus d'alliés", a argumenté ce membre de l'aile droite de LR lundi soir sur BFMTV.

Un rapprochement avec le parti de Marine Le Pen n'aurait pour lui rien d'illogique: "Sur des sujets régaliens et européens, il y a beaucoup de points communs, tout en ayant beaucoup de divergences sur les dossiers économiques". "Le FN que j'ai combattu et le FN d'aujourd'hui, ce n'est pas la même chose", ajoute-t-il.

En juin 2017 déjà, Thierry Mariani avait donné une interview au journal d'extrême droite Minute, dans lequel il expliquait que son parti avait "deux ans d'ici aux européennes pour faire en sorte que les gens qui partagent les mêmes valeurs (…) puissent se retrouver (…) et commencer au moins à discuter ensemble".

LR évoque une parole isolée

Lors d'un Facebook live lundi soir, Laurent Wauquiez a pourtant répété une nouvelle fois son refus de toute alliance. Un message relayé par les porte-parole du parti.

"Il n'y aura aucune alliance avec le Front national et ceux qui prétendent ceci, comme M. Mariani, sont des voix isolées qui ont le droit de s'exprimer mais qui ne peuvent parler au nom des Républicains", a déclaré ainsi l'un des porte-parole de LR, Gilles Platret.

"Nous n'avons pas envie de nous allier avec les boutiquiers du Front national", a de son côté affirmé le secrétaire général délégué du parti, Geoffroy Didier, en soulignant que Thierry Mariani n'est "pas membre de l'équipe dirigeante" de LR.

Malgré ses propositions polémiques, Thierry Mariani n'écope que d'un recadrage de la part de son parti.

Le FN "tend la main" à Mariani

Le FN, lui, ne veut rien exclure. Nicolas Bays, membre du bureau exécutif du FN, affirme même que son parti est prêt à "tendre la main" à des personnalités comme Thierry Mariani:

"Bien sûr on peut discuter, peut-être travailler à des partenariats à venir, parce que nous ne sommes pas des boutiquiers, nous ne sommes pas dans une démarche partisane uniquement pour faire gagner un parti politique", plaide Nicolas Bays.

Et de rappeler au passage que le FN a déjà "travaillé" avec Nicolas Dupont-Aignan au moment de la présidentielle, et souhaite "poursuivre ça dans la perspective des élections européennes".

De son côté, Louis Aliot dit ne pas croire au rapprochement dicté par les partis. Les électeurs, eux en revanche, auraient déjà fait leur choix: "Les électeurs républicains ont voté au deuxième tour pour nos candidats et ce, depuis déjà beaucoup d'élections", affirme-t-il.

"A la base, c'est en train de se faire. Les états-majors, je n'y crois pas car ils sont enfermés dans des logiques d'appareils qui, pour l'instant, les empêchent de discuter avec qui que ce soit".

En attendant les prochaines échéances électorales?

Ariane Kujawski