BFMTV

Alain Juppé: "J’ai toujours été un homme de droite"

Alain Juppé estime que la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français ne nécessite pas de réforme constitutionnelle.

Alain Juppé estime que la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français ne nécessite pas de réforme constitutionnelle. - Capture France 2

Alain Juppé s’est défendu lundi sur France 2 de droitiser son discours après des propositions avancées dans un livre à paraître.

"Moi je suis d’abord gaulliste". Sur France 2 lundi soir, Alain Juppé rejette toute forme de droitisation de son discours alors que son livre qui paraîtra le 6 janvier prochain prône des mesures sécuritaires plus dures. "Je veux sortir de ce débat sans fin sur le positionnement politique, ces clivages sont dépassés", affirme le candidat à la primaire de la droite et du centre.

Celui qui incarne l’image d’un centriste, souvent opposé aux propositions de Nicolas Sarkozy nie vouloir se lancer dans une course toujours plus à droite et prend François Hollande à témoin.

"Qu’est-ce que ça veut dire le positionnement à droite? Est-ce que quand monsieur Hollande propose la déchéance de nationaux des binationaux nés Français, il se positionne à droite? Moi j’ai toujours été un homme de droite, (...) un homme de droite ouvert, non sectaire et prêt à travailler avec des socio-démocrates", estime le maire de Bordeaux.

La déchéance de nationalité "purement symbolique"

Alain Juppé a également clarifié sa position sur la déchéance de nationalité. Dans son livre il plaide pour "davantage de déchéances de binationaux auteurs d’actes terroristes", tout en ayant dénoncé auparavant une réforme inutile. "Je ne vois pas de contradiction dans ma position. Aujourd’hui le code civil prévoit de déchoir des binationaux naturalisés dans certaines conditions", rappelle-t-il. Alain Juppé estime que cette mesure "purement symbolique" ne nécessite pas de venir "bricoler la Constitution".

S’il était parlementaire, il explique néanmoins qu’il serait prêt à voter la réforme constitutionnelle portée par François Hollande. "Ça ne me pose pas de problème éthique, ça me pose un problème d’efficacité, mais si le texte arrivait je le voterais", indique Alain Juppé.

Le maire de Bordeaux s’oppose par contre aux propositions d’étendre cette déchéance de nationalité aux terroristes condamnés et uniquement Français. "Là je dis stop, signale Alain Juppé. La France, patrie des droits de l’Homme ne va pas se mettre en contradiction avec la déclaration universelle des droits de l’Homme". Plusieurs personnalités de droite et de gauche. Lundi, le chef des députés socialistes Bruno Le Roux s'est dit "ouvert" à la déchéance des terroristes "binationaux ou pas". 

C. B