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Les pistes du PS pour sauver le système des retraites

Le Parti socialiste propose de taxer fortement les stock-options et d'augmenter d'un point les cotisations salariales et patronales sur dix ans pour assurer l'équilibre du système français de retraites. Dans un document de travail, le PS évoque le maintie

Le Parti socialiste propose de taxer fortement les stock-options et d'augmenter d'un point les cotisations salariales et patronales sur dix ans pour assurer l'équilibre du système français de retraites. Dans un document de travail, le PS évoque le maintie - -

PARIS - Le Parti socialiste propose de mettre à contribution les revenus du capital en taxant fortement les stock-options et d'augmenter d'un point...

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Les socialistes ont dévoilé mardi soir leurs propositions pour parvenir à une réforme "juste et efficace" du système de retraites, qui reposerait en grande partie sur la mise à contribution des revenus du capital.

Après avoir différé à plusieurs reprises la présentation des propositions du Parti socialiste, le premier secrétaire, Martine Aubry, a défendu devant la presse un projet "universel et protecteur" à l'opposé, selon elle, du "colmatage financier à court terme" que prépare le gouvernement.

Le document intitulé "Pour une réforme juste et efficace, la retraite universelle et personnalisée" a été adopté à l'unanimité du Bureau national du PS moins trois abstentions, celles de Manuel Valls, Gérard Collomb et Malek Boutih.

Le Parti socialiste refuse de repousser l'âge légal du départ à la retraite au-delà de 60 ans - contre laquelle "nous nous opposerons de toutes nos forces", a dit Martine Aubry - et ne prévoit pas dans l'immédiat d'allongement de la durée de cotisation - ce qui était la principale pomme de discorde entre courants internes.

La réforme idéale des socialistes repose sur quatre piliers: nouvelles ressources, emploi des seniors, prise en compte de la pénibilité et "retraite choisie", où ceux qui "le peuvent et le souhaitent" pourront travailler plus longtemps et toucheront en retour une surcote.

STOCK-OPTIONS, BONUS ET BANQUES TAXES

Avec ces propositions, que l'UMP a d'ores et déjà attaquées en raillant une réforme "à la carte qui coûte plus cher que le menu" pour tous, "nous remplissons notre rôle" de principal parti d'opposition, a estimé Martine Aubry.

"Face à un gouvernement qui préfère donner des réponses entre la Coupe du monde de football et les vacances, qui fait peur aux Français pour leur faire croire que c'est insurmontable de résoudre le problème, nous présentons une réforme qui vise à durer, qui est juste et efficace", a souligné l'ancienne ministre des Affaires sociales du gouvernement Jospin.

Pour assurer l'équilibre du système français, le PS veut trouver comme le recommande le Conseil d'orientation des retraites 45 milliards d'euros à l'horizon 2025, auxquels il rajoute cinq milliards pour financer les retraites des emplois pénibles.

Parmi ces nouvelles ressources, la taxation des revenus du capital rapporterait, selon le PS, 19 milliards d'euros dès 2010 et 25 milliards en 2025.

Les socialistes veulent porter de 5 à 38% les prélèvements sociaux sur les bonus et les stock-options, relever le "forfait social" appliqué à l'intéressement et la participation (de 4 à 20%), appliquer la CSG aux revenus du capital qui en sont actuellement exonérés et augmenter de 0,7 point - sauf sur les "petites entreprises" - la contribution sur la valeur ajoutée créée en remplacement de la taxe professionnelle.

En sus de ces taxes sur le capital, ils prônent l'augmentation des cotisations salariales et patronales d'un point sur dix ans, à partir de 2012 seulement compte tenu du contexte de crise financière et de faible croissance.

Cette hausse des cotisations coûtera, au bout de dix ans, 20 à 25 euros par mois sur un salaire moyen, estime le PS.

LES ENTREPRISES SANS SENIORS PÉNALISÉES

Le PS veut également instaurer une surtaxe de 15% sur l'impôt sur les sociétés acquitté par les banques afin d'abonder le Fonds de réserve des retraites, créé sous le gouvernement Jospin.

"Nous disons aux Français qu'il ne faut pas sous-estimer le problème structurel de financement mais il ne faut pas non plus le dramatiser comme le fait le gouvernement pour une fois de plus essorer les ménages pendant qu'on garde des avantages fiscaux et financiers pour ceux qui vont bien", a attaqué Martine Aubry.

Le PS entend mettre en place une "vraie réforme de société" dans laquelle l'emploi des seniors et des jeunes seront améliorés en parallèle.

Le faible taux d'emploi des seniors en France réduit d'autant le nombre de cotisants, a déploré Martine Aubry, qui propose, pour l'améliorer, un meilleur accès à la formation dès 45 ans, la généralisation des tutorats senior/jeune ou l'aménagement des conditions de travail des plus de 55 ans.

Les grandes entreprises qui ne se plieraient pas à ces obligations seraient pénalisées par une augmentation des cotisations retraites patronales ou un système de bonus/malus.

Edité par Clément Guillou