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Législatives: Macron veut présenter 577 candidats qu'il choisira lui-même

Emmanuel Macron, le 16 novembre 2016.

Emmanuel Macron, le 16 novembre 2016. - Patrick Kovarik - AFP

Le candidat à la présidentielle a déjà les législatives en ligne de mire. Lui qui veut rassembler au-delà du clivage droite-gauche mise sur l'investiture de 577 macronistes, dont il s'assurera lui-même de la loyauté.

Dans la course à la présidentielle, Emmanuel Macron veut incarner une candidature qui rassemble autant la gauche que la droite, autant la société civile que le monde politique. Une candidature qui n'est donc pas adossée à un parti en particulier, et qui pose la question des investitures aux législatives, et de la majorité parlementaire qu'il devrait parvenir à constituer s'il était élu président.

D'après L'Opinion, cette question occupe déjà l'équipe du candidat, et figure au menu du comité politique d'En Marche!, qui se réunira ce mercredi. Emmanuel Macron miserait sur l'investiture de 577 candidats, selon des modalités particulières. Comme l'explique Catherine Barbaroux, membre du conseil d'administration du mouvement, les candidats investis pourront l'être sans que des accords de partis soient passés. Au lieu d'être liés à un parti, ils seraient liés à une plateforme de gouvernement, à laquelle ils adhéreraient.

"Contrat de majorité"

Ces candidats devraient aussi avoir signé un "contrat de majorité", s'engager à mettre en oeuvre le projet d'Emmanuel Macron et à incarner les valeurs de son projet, comme l'indiquent au quotidien libéral les députés socialistes Richard Ferrand et Stéphane Travert, qui se sont ralliés à sa candidature. D'après son équipe, Emmanuel Macron veillera aussi personnellement à la loyauté de ses candidats.

"Il veillera lui-même à ce que ce soient des gens loyaux. Comme Mitterrand, qui validait les candidatures canton par canton, circonscription par circonscription", explique le sénateur PS François Patriat.

Eviter les "arrivistes"

Et l'entourage du candidat de citer le cas d'un "imam autoproclamé" qui se présente déjà comme macroniste pour les législatives, après avoir porté plusieurs étiquettes lors de précédents scrutins. Le but sera d'éviter en particulier "les arrivistes" et "les gens compliqués". Mais son équipe assure que les "députés sortants" ayant "bien travaillé" auront toute leur place. 

En revanche, si le mouvement d'Emmanuel Macron permet à ces futurs candidats de porter plusieurs étiquettes, par exemple, au hasard, celle du PS et de En Marche!, les partis traditionnels ne l'entendront sans doute pas de la même oreille. Comme l'a annoncé mi-décembre Christophe Borgel, le secrétaire national du PS aux élections, les soutiens socialistes d'Emmanuel Macron n'auront plus l'investiture du Parti aux législatives.

"Etre candidat socialiste aux législatives, c'est soutenir le candidat socialiste à l'élection présidentielle", a déclaré Christophe Borgel, à l'issue de la convention nationale d'investiture qui s'est tenue à Paris.

La question des doubles étiquettes

Après le dénouement de la primaire de gauche, les socialistes qui ne soutiendraient pas le candidat investi par ce scrutin pour la présidentielle perdraient alors l'investiture socialiste. Il existe aussi une éventualité pour que les élus PS soutenant Emmanuel Macron soient exclus du parti.

Même si Christophe Borgel dit avoir "bon espoir" que cela n'arrive pas, l'idée fait grincer des dents les principaux concernés. Ils citent en particulier les frondeurs ou les autres socialistes qui, depuis des semaines, voire des mois pour certains, s'en prennent ouvertement au bilan ou à l'action de François Hollande mais font toujours partie du PS. Et ils sont nombreux. 

Charlie Vandekerkhove