BFMTV

Le père d'une victime de Merah demande à Macron de "refuser" le retour des jihadistes

Albert Chennouf-Meyer, père de l'une des victimes de Mohamed Merah, a écrit une lettre ouverte à l'attention du chef de l'Etat, signalée par l'AFP ce samedi. Il s'oppose au rapatriement de 130 jihadistes, jusqu'ici retenus par les Kurdes en Syrie.

Albert Chennouf-Meyer, père d'une des sept personnes tuées par le jihadiste toulousain Mohamed Merah en 2012, demande au président Emmanuel Macron d'empêcher le rapatriement des Français retenus par les forces kurdes en Syrie, dans une lettre ouverte consultée samedi par l'Agence France-Presse (AFP).

"Monsieur le Président, vous allez dans les semaines à venir (...) faire revenir 130 jihadistes français, dont une partie ont les mains rouges du sang de nos enfants. Je tiens à m'élever de toutes mes forces contre cette criminelle décision", écrit notamment Albert Chennouf-Meyer, dans cette lettre qu'il dit avoir postée samedi sur le site internet de la Présidence.

"Je vous demande solennellement de surseoir à cette décision, voire de refuser leur retour et (de) les confier à la Syrie", poursuit-il, estimant que le "devoir premier" du président est de "protéger le peuple".

Abel Chennouf-Meyer avait 25 ans 

Les 11 et 15 mars 2012, Mohamed Merah avait tué par balles trois militaires à Toulouse et Montauban, dont le fils d'Albert Chennouf-Meyer, Abel, 25 ans. Puis il avait tué, le 19 mars, trois enfants et un enseignant dans un collège juif de Toulouse. "Vous n'êtes pas sans savoir que parmi les islamistes de retour, il y a des individus qui ont contribué à aider le terroriste musulman Mohamed Merah", rappelle Albert Chennouf-Meyer, qui cite "plus particulièrement" le cas de Quentin Le Brun.

Ce jeune Tarnais, parti en 2014 en Syrie, est considéré comme un propagandiste de Daesh, selon les enquêteurs. Pour la justice française, il était proche de la nébuleuse jihadiste toulousaine dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Clain, les "voix" de la revendication des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, fomentés par l'organisation Daesh. Récemment, un envoyé spécial de Paris Match avait pu le rencontrer, retenu dans un camp des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par Washington.

L'épineux dossier du retour des Français retenus par les forces kurdes en Syrie a resurgi avec l'annonce du retrait américain de la zone. Malgré sa réticence initiale, Paris semble désormais résolu à envisager ces retours, plutôt que de les voir s'évanouir dans la nature. Plusieurs sources évoquent le cas de 130 personnes, dont une cinquantaine d'hommes et femmes et des dizaines d'enfants. 

Robin Verner avec AFP