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Le groupe LaREM peut-il perdre la majorité absolue à l'Assemblée?

Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, le 28 avril 2020

Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, le 28 avril 2020 - AFP - David Nivière

Des députés du groupe LaREM menacent de quitter le groupe majoritaire à l'Assemblée nationale, et de créer un neuvième groupe, qui pourrait faire perdre sa majorité absolue à La République en Marche.

La politique est de retour. Après une période marquée par la crise sanitaire, qui dure toujours, les grandes manoeuvres ont repris au Palais-Bourbon. Certains députés de la majorité s'activent pour faire naître un neuvième groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Conséquence direct: une possible perte de la majorité absolue dont dispose le groupe LaREM mené par Gilles Le Gendre. 

L'idée n'est pas nouvelle mais a été relancée dans le contexte actuel, afin de structurer un pôle social et écologique qui pourrait peser davantage au moment de la sortie de crise, avec l'aile gauche de La République en Marche. 

A l'initiative notamment d'Aurélien Taché et de Mathieu Orphelin, le groupe qui pourrait être annoncé la semaine prochaine rassemblerait des représentants de l'aile gauche de la majorité, la sensibilité écologiste, des non-inscrits, des élus de gauche, des signataires de la plateforme le "Jour d'après" ou encore des proches de Cédric Villani. Les tractations sont en cours mais l'initiative divise et beaucoup de questions demeurent. 

Des députés contactés démentent en faire partie

Si une cinquantaine de noms circulent, certains députés contactés démentent en faire partie. Ils pourraient n’être qu'un vingtaine, suffisant pour constituer un groupe à l'Assemblée nationale, où le règlement indique qu'il faut être au minimum quinze pour former un groupe. Et pour faire perdre la majorité absolue à LaREM, il suffit de sept députés issus de l'actuel groupe majoritaire. 

Quant au positionnement politique, c'est une étiquette "écologique et sociale" qui est aujourd'hui affichée. Mais la question est davantage sur la position par rapport à la majorité: en soutien à l'action présidentielle, ou dans l'opposition. Là aussi, l'embryon de groupe semble divisé entre ceux qui s'affichent en rupture avec Emmanuel Macron et d'autres qui souhaitent structurer l'aile gauche pour peser, tout en restant fidèle au président. S'ils se retrouvent sur un socle d'idées communes, ils s'opposent sur la question de soutenir ou non la majorité. 

Dans une version d'une profession de foi qui circulait en interne cette semaine, les députés à l'initiative de ce possible groupe écrivent qu'"après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant".

"Elle nous invite à retrouver d’urgence le sens de l’essentiel: notre souveraineté alimentaire, notre besoin de sécurité sanitaire, notre production locale pour des emplois de proximité, le besoin de relever les défis du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, de réinventer le lien social et le vivre-ensemble, de développer la solidarité internationale plutôt que de favoriser le repli sur soi", détaillent-ils. 

Cette semaine, une députée du groupe LaREM, Martine Wonner, a été exclue à la suite de son vote "contre" le projet de déconfinement présenté par Edouard Philippe. 

Dans un message adressé ce vendredi aux députés, Gilles Le Gendre met en garde contre le risque de la division et appelle à serrer les rangs autour du président de la République, au sein du groupe majoritaire. Il y voit, si cette initiative se concrétise, "une double rupture de confiance de la part de leurs auteurs: avec le président de la République, sans qui nous n'aurions probablement pas été élus ; et avec les électeurs qui ont nous ont choisis pour former la majorité qui soutient son action.". 

Le service politique de BFMTV