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Le blues des maires de banlieue

Des maires de banlieue expriment leur désarroi (illustration).

Des maires de banlieue expriment leur désarroi (illustration). - Jacques Demarthon - AFP

De nombreux maires de banlieue seront présents dès ce mardi au salon des maires d'Ile-de-France à Paris. Quelques jours après la démission du maire de Sevran, beaucoup éprouvent un sentiment d'abandon et réclament plus de moyens pour leurs territoires.

En démissionnant il y a deux semaines, le maire de Sevran Stéphane Gatignon dénonçait le "mépris de l'Etat pour les banlieues". Un sentiment partagé par de nombreux maires franciliens. A Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), Jean-Philippe Gautrais, maire Front de gauche explique faire face à une situation qui se détériore dans sa ville et à une forme d'abandon de la part du gouvernement.

"On nous en demande toujours plus, avec toujours moins. On nous enlève beaucoup de notre capacité à agir puisque clairement dans la droite lignes des gouvernements Sarkozy et Hollande, le gouvernement Macron veut finir le travail et supprimer la commune", lâche l'élu. 

Les coupes budgétaires dans la politique de la ville se font sentir dans la commune. A Fontenay-sous-Bois, 40 postes de policiers ont ainsi été supprimés depuis le début des années 2000 et la gendarmerie a tout simplement fermé. Jean-Philippe Gautrais raille la "start-up nation" mise en avant par Emmanuel Macron. "On n'est pas dans le monde réel", poursuit-il. 

Les quartiers, "l'angle mort des politiques publiques"

En octobre dernier, 150 maires réunis dans l'Essonne lançaient "l'appel de Grigny" appelant à un "sursaut" et "une réponse nationale" sur la politique des quartiers.

"C'est l'angle mort des politiques publiques et des gouvernements de gauche comme de droite depuis 15 ans (...). Les crédits sont constamment en baisse, donc on est en attente vis-à-vis d'Edouard Philippe et Emmanuel Macron", souligne Stéphane Beaudet, maire LR de Courcouronnes (Essonne) et président de l'Association des maires d'Ile-de-France. 

Des moyens, c'est ce que réclament ces maires pour leurs communes. "On a besoin de plus de services publics, on a besoin que la République n'abandonne pas ses territoires que ce soit dans le domaine de la police, de l'éducation, de la santé, de l'emploi. On est largement en deçà de qui est octroyé dans d'autres endroits", estime Azzédine Taïbi, maire PCF de Stains (Seine-Saint-Denis. 

En fin de semaine, l'ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo doit remettre un nouveau "plan de bataille" pour les quartiers populaires à Emmanuel Macron. 

C. B avec Barthélémy Bolo, Louise Pezzoli