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La Sorbonne annule le diplôme de docteur en droit de l'élu et avocat Arash Derambarsh

Arash Derambarsh fait appel de la décision rendue par la Sorbonne qui annule son diplôme de docteur en droit. (illustration)

Arash Derambarsh fait appel de la décision rendue par la Sorbonne qui annule son diplôme de docteur en droit. (illustration) - BERTRAND GUAY / AFP

La section disciplinaire de la Sorbonne a pris la décision d'annuler la thèse d'Arash Derambarsh pour plagiat après une enquête approfondie menée par le conseil pédagogique.

C'est un événement rarissime dans le monde universitaire. Dans une décision en date du 21 juillet à laquelle le journal Le Monde a eu accès, la section disciplinaire de l'université Paris-1-Panthéon-Sorbonne s'est prononcée en faveur de l'annulation de la thèse d'Arash Derambarsh pour plagiat.

Personnalité médiatique, connu pour sa lutte contre le gaspillage alimentaire, et élu divers droite à la mairie de Courbevoie, celui-ci s'est ainsi vu retirer le diplôme de docteur en droit qui lui avait permis de devenir avocat. L'université a également prononcé son exclusion de tout établissement public.

Cette décision intervient au terme d'une enquête approfondie menée par la section disciplinaire du conseil pédagogique de la Sorbonne.

Entre 76% et 92% de copier-coller

Soutenue en décembre 2015, et longue de 500 pages, la thèse d'Arash Derambarsh portait sur les fichiers de police et s'intitulait "Fichier de police, un encadrement légal et sociétal dans un environnement controversé". Selon Le Parisien, elle avait été signalée à l'université en 2019 par un "lanceur d'alerte" qui avait relevé que son résumé était une "reprise pure et simple de l'introduction d'un rapport public relatif aux fichiers de police et gendarmerie". Il avait également pointé du doigt la clause de confidentialité - depuis levée - qui protégeait la thèse pour une période de 30 ans.

Depuis plusieurs mois, la thèse alimente les débats sur les réseaux sociaux. Le compte twitter anonyme "Thèse et Synthèse" s'est livré à une analyse approfondie du texte et a estimé que 92% de celui-ci relevait du copier-coller. Selon "Thèse et Synthèse", certaines pages ne comporteraient même aucun écrit d'Arsh Derambarsh et seraient intégralement issues du plagiat.

Les conclusions de l'enquête conduite par la section disciplinaire vont dans le même sens. Selon Le Parisien, les vérifications menées à l'aide du logiciel Compilatio, qui permet de détecter les travaux frauduleux, ont conclu à un taux de plagiat de l'ordre de 76% sur l'ensemble du document, annexes et bibliographie comprises.

"Le manuscrit de thèse de M. Derambarsh est quasi intégralement composé d’un assemblage de textes, produits dans un contexte académique ou publiés par d’autres auteurs que lui-même, et recopiés selon un ou plusieurs des procédés plagiaires visant à faire accroire au lecteur que M. Derambarsh en est l’auteur", a conclu la section disciplinaire.

"Un problème de forme"

Contacté par Le Monde, Arash Derambarsh nie s'être livré au plagiat mais reconnaît "un problème de forme".

"Il n’y a pas de plagiat dans cette thèse[...]. Par contre, c’est vrai, il y a un problème de forme, les citations ne sont pas mises au bon endroit", se défend-il.

Arash Derambarsh a également annoncé faire appel de la décision de l'université. "Evidemment je conteste, je fais appel. Tout cela est invraisemblable!", s'est-il insurgé auprès du Parisien. Il pointe par ailleurs la responsabilité de la Sorbonne, qui avait validé sa thèse pour la soutenance.

L'université dans l'embarras

L'enquête menée par l'université a relevé une série de dysfonctionnements autour de la validation de la thèse. Des soupçons de complaisance pèsent ainsi sur le jury, composé de personnalités peu au fait du sujet traité et qui seraient, pour certaines, trop proches d'Arash Derambarsh. Ses membres disent n'avoir détecté aucun plagiat lors de la soutenance de la thèse. Pour autant, le logiciel de détection anti-plagiat n'avait pas été utilisé à ce moment-là.

L'université doit également déterminer pourquoi elle a accepté d'accorder une confidentialité de 30 ans à la thèse, à la demande d'Arash Derambarsh, une procédure extrêmement rare.

Pour le moment, s'il a été déchu de son titre de docteur en droit, Arash Derambarsh peut continuer d'exercer en tant qu'avocat. Cependant, si les conclusions de l'université se confirment en appel, il risque une radiation du barreau.

Maëllyss Hedin Journaliste BFMTV