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La presse tacle le refus de Valls de changer de politique

Le Premier ministre Manuel Valls et le président François Hollande, le 15 août 2014 au Fort de Brégançon.

Le Premier ministre Manuel Valls et le président François Hollande, le 15 août 2014 au Fort de Brégançon. - Bertrand Langlois - AFP

La presse a vivement réagi aux déclarations du Premier ministre Manuel Valls, qui a annoncé ce dimanche qu'il était "hors de question" de changer de politique malgré une croissance nulle, dans un entretien au Journal du Dimanche.

Les éditorialistes politiques français ont exprimé leur colère ce lundi, au lendemain des déclarations de Manuel Valls dans le Journal du Dimanche. Le Premier ministre a affirmé qu'il était "hors de question" de changer de politique, et ce malgré une croissance nulle en France et dans la zone euro, au deuxième trimestre 2014. "Oui, la politique que le président de la République a décidé de mettre en œuvre nécessite du temps pour produire des résultats. Mais il est hors de question d'en changer", affirme Manuel Valls dans le JDD.

"La croissance est nulle, les dirigeants aussi", dénonce ainsi Denis Daumin dans La Nouvelle République lundi. Et le moral du pays, selon lui, "campe à zéro". Un récent sondage Ifop, en partenariat avec le JDD, montre en effet que plus de huit Français sur dix ne font plus confiance au gouvernement pour sortir de ce marasme économique.

Pour les éditorialistes, une chose est claire : le pouvoir n'entend pas la colère des Français.

Une politique "aberrante"

"Plus ça va mal, moins il faut changer !" a ainsi réagi Yves Thréard dans Le Figaro dimanche. Il dénonce sur son blog deux ans et demi de "ratages, hésitations, procrastinations". "Aberration", s'exclame de son côté le directeur de la rédaction de Libération, Laurent Joffrin, dans un éditorial.

"Une saine colère populaire sanctionnera un jour la politique aberrante imposée depuis bientôt sept ans par la classe dirigeante européenne", affirme-t-il, convaincu qu'"il était destructeur d'ajouter au cilice d'une politique monétaire restrictive le carcan de l'austérité budgétaire". "L'austérité sans résultats anémie le pays et désespère la gauche. Est-il trop tard pour réagir ?", s'interroge le directeur de la rédaction.

Pour Michel Guilloux de L'Humanité, le pouvoir actuel "a choisi son camp", et Manuel Valls a repris "le cri de guerre des ultralibéraux". "On entend là mot pour mot le vocabulaire des nantis qui vampirisent les richesses du pays et dont l'idéologie de rentiers nourrit les sacrifices des autres", accuse l'éditorialiste du journaliste communiste. "L'ennemi n'est donc plus la finance depuis longtemps".

Le ressort de la confiance "brisé"

Concernant les résultats accablants du sondage Ifop-JDD, "François Hollande a brisé un ressort essentiel, celui de la confiance", analyse Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne. "Ses promesses récurrentes de retournement de la courbe du chômage lui reviennent à la figure comme autant de boomerangs". En conséquence, "tout ce que l'exécutif tente de proposer au pays paraît désormais au mieux suspect, au pire inefficace."

Pour Jacques Camus du Groupe Centre France, les Français, sans être "dans le dénigrement du pays", sont "dans le désaveu de leurs dirigeants et des pratiques politiciennes ouvrant la voie au FN". "La véritable crise est celle de l'offre politique", poursuit-il. La situation justifierait pleinement un gouvernement d'union nationale, privilégiant le courage de l'action sur les ambitions personnelles." Mais, poursuit-il, "il ne faut pas rêver".

V.P. avec AFP