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La France insoumise prudente face à la crise au Venezuela

Les députés de la France Insoumise (de gauche à droite):  Mathilde Panot, Alexis Corbière, Caroline Fiat et Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017.

Les députés de la France Insoumise (de gauche à droite): Mathilde Panot, Alexis Corbière, Caroline Fiat et Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017. - Martin BUREAU / AFP

Interrogés sur le soutien de la France insoumise au président Maduro lors de son élection au Venezuela, les députés de la France insoumise dénoncent une forme de manichéisme dans l'analyse française de la crise.

Les Amériques jouent décidément des tours à la France insoumise (FI): après le (mauvais) procès de l'Alba pendant la campagne présidentielle, les députés FI sont priés de justifier le soutien de Jean-Luc Mélenchon au président vénézuélien Nicolas Maduro, lors de son élection en 2013.

Alors que la députée macroniste Aurore Bergé déterrait il y a quelques jours un tweet de l'ancien sénateur socialiste félicitant le président Maduro, les lieutenants de Jean-Luc Mélenchon marchent aujourd'hui sur des œufs. De violents affrontements entre chavistes et opposition continuent en effet au Venezuela.

Invité de RFI ce mercredi, Alexis Corbière déclare ainsi: "Le régime est dans un monde de durcissement, mais l’opposition, elle est armée. On dit qu’il y a une centaine de morts. Mais il y a deux députés pro-chavistes qui ont été assassinés l’autre jour."

"Quand on voit de France, franchement, il y a parfois une désinformation totale. On a l’impression que tout un peuple est dressé contre le gouvernement. C’est plus compliqué que ça", ajoute le député de Seine-Saint-Denis.

"Ce n'est pas une dictature"

Même son de cloche chez son camarade Éric Coquerel, cette fois sur CNews: "Je crois qu'il faut arrêter avec le manichéisme présenté sur tous les médias aujourd'hui. Une partie de l'opposition, celle très à droite et d'extrême droite qui, depuis l'élection de Maduro et même avant Chavez, n'a jamais admis que Maduro était élu."

"Ce n'est pas une dictature", continue-t-il à l'heure où deux des principaux opposants au pouvoir ont été arrêtés. "Alors on peut juger de la manière dont se fait la répression, on peut juger de la manière dont il essaie de sortir de l'ornière. Je pense qu'il y a des pousse-à-l'affrontement des deux côtés. [...] La solution doit être politique."

Mardi sur RTL, le jeune député Adrien Quatennens marquait plus de distance:

"À l'époque où l'on faisait l'éloge du Venezuela, il y avait une situation économique qui était beaucoup plus florissante qu'aujourd'hui. Il y a une politique redistributive très forte, le Venezuela a sorti beaucoup de gens de la pauvreté et cela nous inspirait."

Louis Nadau