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L’interdiction du glyphosate absente du projet de loi: les associations vent debout

La société Shopix vendait du désherbant au glyphosate à des particuliers via des catalogues de produits de bricolage.

La société Shopix vendait du désherbant au glyphosate à des particuliers via des catalogues de produits de bricolage. - Philippe Huguen - AFP

Les associations montent au créneau alors que l’interdiction du pesticide d’ici trois ans n’apparaît pas dans le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation. Et rappellent qu’Emmanuel Macron l’avait pourtant annoncé en novembre dernier.

Aucune trace de l’interdiction du glyphosate dans le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation présenté à l’Assemblée nationale ce mercredi. Une déception pour ceux qui souhaitent la disparition de ce pesticide, classé en 2015 parmi les cancérogènes probables chez l’homme. D’autant qu’en novembre dernier, Emmanuel Macron tweetait avoir "demandé au gouvernement" de "prendre les dispositions nécessaires" pour son interdiction, au plus tard dans trois ans.

Les associations de défense des consommaeurs et de l’environnement sont furieuses. Elles ont lancé une pétition contre ce qu’elles appellent un rétropédalage du gouvernement:t

"Si le gouvernement est sincère et les responsables politiques et les députés veulent vraiment nous faire sortir des pesticides (…) il faut évidemment l’inscrire dans le projet de loi", estime Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France. 

Un nouvel amendement déposé

Un amendement déposé par des députés de La République en marche a déjà été retoqué, mais un autre va être déposé par une cinquantaine de marcheurs. Delphine Batho dénonce l’ingérence des lobbies dans la procédure démocratique.

"Un amendement que j’avais déposé dans une application interne à l’Assemblée nationale a été porté à la connaissance des lobbies de l’agrochimie", assure-t-elle, "bien avant que cet amendement soit traité par les services de l’Assemblée nationale enregistré et 90 heures avant que cet amendement ne soit rendu public et porté à la connaissance même des autres députés."

Stéphane Travert défend le texte

Au ministère de l’Agriculture, on estime que l’interdiction du glyphosate d’ici trois ans ne doit pas être inscrite dans la loi, la commission européenne n’ayant réautorisé le glyphosate que pour 5 ans:

"Il n’y a jamais eu dans le texte la question de suppression du glyphosate", explique le ministre. "La position du gouvernement, elle est claire. D’une part pas de transposition, et d’autre part faire en sorte que dans les trois ans nous puissions trouver les solutions pour supprimer l’utilisation du glyphosate."

B.P. avec Magali Chalais