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"Je veux peser davantage sur nos choix": Darmanin ne fait pas mystère de ses ambitions politiques

Gérald Darmanin

Gérald Darmanin - Ludovic Marin / AFP

Gérald Darmanin, qui va exercer les deux fonctions de maire et ministre, se positionne en vue d'un éventuel remaniement dans un entretien au Journal du Dimanche.

Gérald Darmanin avance ses pions et ne fait pas mystère de ses ambitions politiques dans une interview au Journal du Dimanche. Interrogé sur un futur remaniement gouvernemental, le ministre de l'Action et des Comptes publics assure ne pas être "un enfant gâté" avant de reconnaître aussitôt vouloir "peser davantage sur [les] choix, défendre [ses] convictions". 

Le maire de 37 ans rappelle également que "le président a encouragé les ministres à 'faire de la politique', à prendre leurs risques".

"Je ferai ce que le président me dira de faire. Je veux continuer à travailler avec lui pour réparer notre pays. En tout cas, mon engagement auprès du président de la République restera entier, quelles que soient mes fonctions au sein du gouvernement ou en dehors", souligne-t-il en proclamant sa loyauté à Emmanuel Macron.

De fait, son entretien au JDD peut se lire comme une offre de service pour Matignon.

"On ne peut rien faire sans le peuple"

S'il ne "croit pas un mot" des éventuelles tensions Macron-Philippe, il est en revanche peu disert sur le chef du gouvernement. "C'est une chance de travailler en confiance avec Edouard Philippe, qui est un grand Premier ministre", dit-il sobrement, soulignant au passage à deux reprises avoir été "élu au premier tour" des municipales là où le Premier ministre doit affronter un second tour délicat le 28 juin au Havre.

Se revendiquant du "gaullisme social" et confiant avoir voté pour Jean-Pierre Chevènement au premier tour de la présidentielle de 2002, un point commun avec Emmanuel Macron, Gérald Darmanin vante "une troisième voie" entre "le capitalisme débridé et l'économie administrée", plaide pour "une généralisation de l'actionnariat salarié" et appelle à "mener une politique pour le peuple".

"On ne peut rien faire sans le peuple", martèle le "petit-fils d'immigré" et "fils de femme de ménage", qui avait voté "non" au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen.

Promotion à venir ou pas, le chef de l'Etat a bel et bien décidé à garder à ses côtés l'un des rares poids-lourds de son équipe, qui doit, face à la crise économique et financière liée au Covid-19, boucler le texte-clef du projet de loi de finances rectificative, débattu fin juin au Parlement.

Maire et ministre

Le ministre Gérald Darmanin, élu samedi maire de Tourcoing (Nord), assure, par ailleurs, avoir été "autorisé" par Emmanuel Macron et Edouard Philippe à cumuler "pendant un temps" ces deux fonctions.

"Le président de la République et le Premier ministre m’avaient autorisé à être ministre et candidat. Ils m’ont autorisé, pendant un temps et vu les circonstances exceptionnelles" liées à l'épidémie de Covid-19, "à exercer ces deux fonctions. Mais sans cumuler les rémunérations: je ne toucherai pas l’indemnité de maire", déclare le ministre de l'Action et des Comptes publics.

"Mon ADN, c'est d'être un élu local, "à portée d'engueulade", a fortiori dans une grande ville populaire. Outre la confiance du Président et du Premier ministre, c'est là que je puise ma légitimité, et aussi ma connaissance concrète de bien des sujets que j'ai à traiter comme ministre. Quand je parle du pouvoir d'achat des Français, de leurs difficultés, je sais ce que ça veut dire…", a-t-il souligné au JDD. 

Il a annoncé samedi matin dans la foulée de son élection par le conseil municipal à la tête de la deuxième ville du Nord qu'il ne toucherait "évidemment pas" ses indemnités municipales, qu'il reversera à la Société protectrice des animaux.

C.Bo. avec AFP