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Jacques Viguier demandera réparation à la justice

Jacques Viguier a annoncé dimanche qu'il demanderait réparation à la justice, après son acquittement samedi en appel par la cour d'assises du Tarn. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahe

Jacques Viguier a annoncé dimanche qu'il demanderait réparation à la justice, après son acquittement samedi en appel par la cour d'assises du Tarn. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahe - -

TOULOUSE - Jacques Viguier annonce qu'il demandera réparation à la justice, après son acquittement samedi en appel par la cour d'assises du Tarn....

TOULOUSE (Reuters) - Jacques Viguier annonce qu'il demandera réparation à la justice, après son acquittement samedi en appel par la cour d'assises du Tarn.

Ce professeur de droit toulousain était accusé du meurtre de sa femme Suzanne, disparue mystérieusement le 27 février 2000. La procédure a duré dix ans et son dernier procès trois semaines.

"Quand on a souffert ce que j'ai souffert, une petite réparation matérielle, qui ne compense pas l'horreur de ce que j'ai vécu, me paraît normale", a-t-il déclaré sur RTL.

Jacques Viguier avait passé neuf mois en prison en 2000.

Il a ajouté qu'il redoutait, "bien sûr", un éventuel pourvoi en cassation et expliqué que "la libération définitive, ce serait si, enfin, mais ça me paraît de plus en plus improbable, on avait une certitude sur ce qu'est devenue Suzy".

De source judiciaire, on a précisé que l'acquittement ne serait pas remis en cause par la Cour de cassation.

"Le parquet ne peut faire un pourvoi en cassation que dans l'intérêt de la loi. Il ne le fera donc pas", a déclaré à Reuters l'avocat général du procès, Marc Gaubert.

Les intérêts de la loi n'ont pas été mis en cause et un pourvoi ne pourrait, de toutes façons, pas porter sur le fond de l'affaire, a-t-il ajouté.

"Que M. Viguier se rassure, il est définitivement innocent, à moins que les parties civiles ne décident d'un tel pourvoi" pour des intérêts financiers, a poursuivi Marc Gaubert.

"IL FAUT SAVOIR S'ARRÊTER"

L'avocat des parties civiles a écarté cette possibilité.

"Il n'y aura pas de pourvoi en cassation de notre part. Il faut savoir s'arrêter", a ainsi déclaré à Reuters Guy Debuisson.

"Il est hors de question que nous engagions un pourvoi car il constituerait une volonté d'acharnement de la part des parties civiles, a-t-il ajouté. "La justice a été dite à Toulouse et redite à Albi. Respectons là, définitivement."

Jacques Viguier avait été acquitté en première instance le 30 avril 2009 par la cour d'assises de la Haute-Garonne.

Lors d'une déclaration à la presse, Jacques Viguier a demandé dimanche qu'on le "laisse en paix".

"Je viens de vivre dix ans d'horreur. Dix années d'un calvaire. Alors je vous en supplie, messieurs les journalistes, maintenant, laissez-moi en paix. Laissez-nous en paix, avec mes enfants", a-t-il déclaré.

"Je dois me reconstruire maintenant, autour de mes enfants. Je suis heureux de ce verdict mais maintenant, laissez-moi, laissez-nous nous reconstruire", a-t-il ajouté.

Samedi, la cour n'a pas suivi les réquisitions de l'accusation, qui avait demandé 15 à 20 ans de réclusion criminelle.

Il n'y a ni cadavre, ni aveux, ni témoin dans ce dossier où l'existence d'un crime n'est pas démontrée.

Les charges sur Jacques Viguier étaient notamment fondées sur le fait qu'il s'est débarrassé d'un matelas après la disparition de sa femme et a négligé de dire à la police qu'il avait retrouvé le sac à main de la disparue avec ses clefs.

Sa femme, qui entretenait une liaison, avait décidé de divorcer de son mari, qui l'avait souvent trompée et elle a disparu après que son amant l'a ramenée chez elle.

Pendant le procès, Jacques Viguier a été soutenu par les trois enfants qu'il a eus de Suzanne, qui ont dit à la cour qu'ils jugeaient impossible que leur père ait tué leur mère.

Nicolas Fichot, édité par Jean-Baptiste Vey