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Islamisme: Bruno "n'aime pas les caricatures" de "Charlie Hebo", mais il les défendra "toujours"

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Elysée, le 19 octobre 2020

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Elysée, le 19 octobre 2020 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Réagissant à des propos du père Jean-Louis Giordan, curé de Notre-Dame de Nice jusque récemment, le ministre des Finances a affirmé qu'il défendrait toujours ce qu'il estime être "l'esprit français".

Au lendemain de l'attaque au couteau perpétrée dans l'enceinte de Notre-Dame de Nice, le deuil se mêle à la colère. Celle-ci prend d'ailleurs plusieurs formes: le père Jean-Louis Giordan, ancien curé de cette église, a expliqué le jour-même auprès du Parisien qu'il en voulait à Charlie Hebdo et à ceux qui incitent à la diffusion de leurs caricatures des religions, en l'occurrence l'islam et son prophète Mahomet.

"Moi, je ne suis pas Charlie et je suis en colère contre ces discours qui, sous couvert de défendre la laïcité et la liberté d'expression, salissent les religions et finissent, au bout du compte, par exciter des fous", a-t-il déclaré.

"La liberté tout court"

Le propos a fait réagir Bruno Le Maire ce vendredi matin. Invité de France Inter, le ministre de l'Economie et des Finances a reconnu qu'il n'était pas friand des dessins de l'hebdomadaire satirique, au contraire, tout en affirmant qu'il les défendrait toujours.

"Je n'aime pas ces caricatures. Mais je les défends. Je défends ceux qui les ont faites, je défends ceux qui les diffusent, au nom de quelque chose qui est plus important pour moi que ces caricatures, qui est la liberté. La liberté d'expression et la liberté tout court", a-t-il répondu.

Et le locataire de Bercy d'évoquer les caricatures de Charlie Hebdo visant la religion catholique et la religion juive. "On en a maintenant sur la religion musulmane. Je le dis, je n'aime pas ces caricatures. Ce n'est pas mon esprit, ce n'est pas des choses que j'apprécie spécialement", reconnaît-il.

"Mais (...) derrière, c'est notre liberté nationale, c'est notre culture, c'est notre mémoire, c'est l'esprit critique, c'est la capacité à rire d'une chose ou d'une autre. C'est ça qui est en jeu!"

"Apaiser, expliquer, rassembler"

Bruno Le Maire estime par ailleurs que "dans ces temps troublés, agités, où il y a tant d'inquiétudes, tant de désarroi, tant de colère", la "responsabilité politique" est "d'apaiser, d'expliquer, de rassembler". Plutôt que de se dire "Charlie", il se dit avant tout "Français".

"Et quand on est Français, on défend Charlie Hebdo, même si on n'aime pas les caricatures de Charlie Hebdo. C'est exactement mon cas. Je suis Français, je défends l'esprit français et je défendrai toujours la culture française."
Jules Pecnard Journaliste BFMTV